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Hadja Lahbib (à g.) et Alexander De Croo (archives)

Premier jour de la mission belge en Chine, pour renouer les contacts au plus haut niveau

La ministre des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, a entamé ce mardi une visite de quatre jours en Chine qui la mènera à Shanghai et à Pékin où elle rejoindra le Premier ministre Alexander De Croo. Cette mission permettra de renouer les contacts à un haut niveau avec un pays qui est à la fois un partenaire incontournable, un concurrent et un rival, expliquait la ministre. C’est la première visite à un tel niveau en Chine depuis 2019, juste avant l’épidémie de coronavirus. Elle s'inscrit dans un contexte à la fois bilatéral et européen, la Belgique occupant depuis la semaine dernière la présidence du Conseil de l'Union européenne.

Anne François Belga
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La dernière rencontre d'importance remonte à novembre 2019, lors d'une mission économique emmenée par la princesse Astrid (sœur du roi Philippe). Depuis lors, la crise du Covid qui a éclaté dans la ville chinoise de Wuhan avant de se répandre dans le monde, a réduit les échanges et fait émerger un nouveau contexte où la vigilance des occidentaux est de mise à l'égard de la Chine.

La mission de la cheffe de la diplomatie et du chef de gouvernement belges vise à relancer le dialogue et les relations économiques. Le dernier Premier ministre à s’être rendu en Chine était Charles Michel en 2016. Des visites à des entreprises belges sont prévues, notamment Bekaert, et des chefs d'entreprise belges sont du voyage. Quelques dossiers concrets seront abordés, dont la levée de l'embargo sur les exportations belges de viande porcine en cours depuis 2018 et le rétablissement d'une liaison aérienne entre Bruxelles et Shanghai.

La Belgique s'inscrit dans la stratégie européenne de "derisking" à l'égard de la Chine. Le climat d'investissement s'est tendu ces dernières années, les pays européens ont mis en place des processus de filtrage des investissements étrangers pour sauvegarder leur autonomie stratégique et, en Chine, des difficultés importantes subsistent pour les entreprises étrangères (politique fiscale, partage des données, politisation ou encore mobilité du capital).

L'ingérence chinoise a également défrayé la chronique il y a peu, avec la révélation des liens entre un ancien parlementaire du parti d’extrême droite Vlaams Belang et un agent chinois, ou une cyberattaque qui a visé la Défense belge et qui était le fait de "groupements chinois". La question du respect des droits de l'homme est aussi évoquée régulièrement.

"En 2021, nous avons célébré les 50 ans de relations diplomatiques entre nos deux pays. On peut dire que nous avons une relation mature et que nous pouvons parler de ce qui fâche", a souligné Hadja Lahbib au micro de l'agence Belga (vidéo ci-dessous). "Nous aborderons tout, sans tabou, notamment cette question de l'ingérence qui nous inquiète. Elle est inadmissible à quelques mois d'un scrutin important en Belgique".

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Septième pays exportateur européen vers la Chine

Sur le plan commercial, la Belgique constitue le septième pays exportateur européen vers la Chine et le septième importateur européen de produits venant de Chine. Des entreprises chinoises occupent des places importantes voire stratégiques dans l'économie belge: Volvo Car à Gand, propriété du groupe Geely, mais aussi le port de Zeebrugge, dont l’armateur chinois Cosco détient 90%, le port d'Anvers, dont le même Cosco détient 20%, ou encore le site de distribution du vendeur en ligne Alibaba à Liège.

Certains de ces investissements ont posé question aux autorités belges en raison de la coopération avec les agences de renseignement à laquelle sont tenues les entreprises chinoises. L'an dernier, un mécanisme de filtrage des investissements étrangers risqués a été mis en place. Une initiative de portée générale mais qui n'a pas plu à Pékin.

En décembre, un sommet Union européenne-Chine s'est tenu à Pékin. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a mis en garde contre le déséquilibre des échanges entre l'une et l'autre, que les dirigeants européens ne pourraient plus tolérer longtemps. Tout en prônant des solutions négociées, elle s'est montrée claire: "Nous avons des outils pour protéger notre marché". En deux ans, le déficit commercial de l'UE à l'égard de la Chine a doublé pour atteindre 390 milliards d'euros en 2022. Pour la Belgique, il est estimé à 27 milliards d'euros.

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