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Ineos dans le port anversois

Ineos reprend la construction de son craqueur d'éthane dans le port d'Anvers

Le craqueur d'éthane d'Ineos à Anvers a obtenu dimanche soir un nouveau permis environnemental sous conditions, indiquait la ministre flamande de l'Environnement, Zuhal Demir. Dès ce lundi, les travaux ont donc repris pour la construction du craqueur que l'entreprise chimique britannique veut implanter dans la zone du port anversois. Le projet continue à attirer des critiques.

Anne François Belga
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Les travaux de construction avaient été interrompus il y a quelques mois, après l’annulation du premier permis alloué en juin 2022. Le groupe chimique britannique était revenu à la charge en octobre dernier avec une nouvelle demande de permis, à peine plus de deux mois après l'annulation de son premier permis en raison d'un examen insuffisant de l'impact des émissions d'azote sur la nature environnante. Vendredi soir, la commission régionale des permis environnementaux avait finalement émis un avis positif "sous conditions" pour ce dispositif qui permet de produire de l'éthylène, une des matières premières du plastique, en "craquant" des molécules d'éthane.

Sans surprise, le permis environnemental a ensuite été délivré par la ministre Demir, ce dimanche. Il est toutefois assorti de conditions, dont celle qu'Ineos rende l'installation climatiquement neutre dix ans après son démarrage. Ineos devra également rendre compte deux fois par an de l'évolution de la faisabilité technique et de son éventuelle mise en œuvre.

Les entrepreneurs se tenaient prêts à reprendre les travaux, la décision sur le permis étant en effet déjà attendue à la fin de l'année dernière. Un nouveau report des travaux aurait entraîné le départ du personnel et des machines provenant de l'étranger.

Des critiques

"Les bêches pour la construction du craqueur d’éthane le plus durable d’Europe peuvent enfin à nouveau travailler la terre. C’est un "oui" clair en faveur de l’emploi et de la prospérité en Flandre", se réjouissait l’échevine du port d’Anvers, Annick De Ridder (photo archives). Le ministre-président flamand Jan Jambon se montre également satisfait. Il réfute les critiques exprimées à l’encontre du permis environnemental sous conditions et parle d’un coup de pousse pour le cluster chimique du port anversois.

L'échevine du port Annick De Ridder

"Ce cluster est l’un des plus grands au monde et procure de nombreux emplois. Toutes ces entreprises vont maintenant devoir faire des investissements pour devenir climatiquement neutres", déclarait Jan Jambon (photo) au micro de l’émission "De ochtend" sur Radio 1 (VRT). Le ministre-président flamand déclarait aussi qu’Ineos a été capable de mieux démontrer cette fois que "l’impact du dépôt d’azote est minimal".

Les avis ne sont cependant de loin pas tous aussi positifs envers le permis environnemental. "Le gouvernement flamand livre un permis sur commande et danse à la voix d’un milliardaire impatient. C’est scandaleux", déclarait la députée flamande Mieke Schauvliege. Elle estime que le permis ne tiendra pas la route du point de vue juridique et que le gouvernement flamand aurait mieux fait d’attendre le Décret azote.

A quoi Jan Jambon répondait que "la demande de permis a été évaluée par toute un série d’instances et la ministre Demir a alloué un permis sous conditions sur base d’avis. Dans un état de droit, les instances peuvent porter plainte et il revient alors au juge de trancher sur la question du respect du cadre juridique. Mais je pars du principe que toutes les instances qui ont donné un avis positif y ont murement réfléchi", concluait Jambon.

Jan Jambon

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