A la suite du lancement de l'offre de service revue de la société de transport public flamande De Lijn - son plan d’accessibilité de base entre en vigueur samedi 6 janvier -, des dizaines de communes flamandes devront se débrouiller avec un tiers, voire la moitié d'arrêts de bus en moins, rappelle le quotidien De Tijd ce mercredi.
Des dizaines de communes flamandes perdent de nombreux arrêts de bus De Lijn
Samedi, De Lijn enclenchera la deuxième et plus importante phase du déploiement de son plan d'accessibilité de base, en concentrant les bus et les trams sur les lignes les plus demandées, entre les zones résidentielles et autres zones clés. L'inconvénient est que les voyageurs qui souhaitent se rendre dans des zones plus éloignées devront compter sur des transports flexibles avec des bus sur appel, combinés ou non avec des voitures partagées, des vélos ou des scooters.
En chiffres nets, 3.800 arrêts disparaîtront en Flandre - plus de 6.100 arrêts seront supprimés, tandis que plus de 2.300 points d'embarquement seront ajoutés -, a calculé De Tijd sur la base des données figurant sur le site web de la société De Lijn.
Dans ses communications antérieures, De Lijn parlait encore d'une perte d'un peu plus de 3.200 arrêts. Dans près de deux villes et communes sur trois en Flandre, le nombre d'arrêts va diminuer.
Les différences sont particulièrement prononcées en Flandre occidentale, dans le Limbourg et dans les communes des Ardennes flamandes. De Lijn et la ministre flamande de la Mobilité, Lydia Peeters, ont promis de suivre de près l'impact de la réforme et de procéder aux ajustements nécessaires.
Transfert modal: De Lijn demande un soutien accru
À l'approche des élections, la société De Lijn demande au futur gouvernement flamand 300 millions d'euros supplémentaires par an pour accélérer le transfert modal, verdir sa flotte et élargir son offre. C’est ce qui ressort du mémorandum "time for acceleration" (‘Le temps est venu d’accélérer’) présenté ce mercredi par la société de transports en commun flamande.
"Nous sommes à un moment charnière", déclarait Johan Sauwens, président du conseil d'administration de la société De Lijn. "Les effets du réchauffement climatique sont de plus en plus prégnants et, dans ce contexte, la mobilité reste un défi majeur. La mobilité et les transports publics doivent donc figurer en bonne place dans l'agenda politique."
Les transports publics sont confrontés à de nombreux défis: améliorer la durabilité des trajets, entretenir l'infrastructure et améliorer le confort ainsi que la satisfaction des passagers, précise De Lijn dans son mémorandum. Selon la société, même si l'importance d'un transfert modal est indéniable, trop de personnes ont encore pris leur voiture en 2023. De Lijn souhaite donc attirer davantage de voyageurs, ce qui implique des investissements.
Pour réaliser ses ambitions, l'opérateur de transport public dit avoir besoin d'au moins 300 millions d'euros supplémentaires par an. Cent millions d'euros sont nécessaires pour entretenir les infrastructures et les véhicules. La transition vers une flotte plus écologique demandera le même montant, alors que les 100 derniers millions d'euros serviraient à améliorer la qualité de l'offre.
Pour Ann Schoubs (photo), CEO de De Lijn, l'obtention de ces fonds dépendra du niveau d'ambition du prochain gouvernement flamand. "Quoi qu'il en soit, nous souhaitons participer à la discussion".

