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La nouvelle ministre Gwendolyn Rutten

Gwendolyn Rutten : "Si vous m'aviez dit il y a quelques jours que je serais assise ici, je ne l'aurais pas cru"

"La vie est imprévisible, la politique aussi", déclarait lors d’une conférence de presse donnée mardi soir la libérale flamande Gwendolyn Rutten (photo), appelée quelques heures plus tôt par Open VLD à succéder au ministre Bart Somers démissionnaire. Un défi qu’elle a décidé de relever, alors qu’elle avait annoncé récemment vouloir quitter la politique nationale, déçue du "manque de respect" que lui avait témoigné son parti lorsqu’il s’agissait de trouver un successeur au ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne. "Je dois écouter mon propre cœur. J'ai peut-être réagi trop fort il y a deux semaines, mais je ne suis aussi qu'un être humain. J'ai honnêtement dit comment je me sentais", expliquait la nouvelle ministre flamande des Affaires intérieures Gwendolyn Rutten. "Je veux maintenant prendre mes responsabilités pour faire la différence pour la Flandre".

Anne François Belga
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L’ancienne présidente des libéraux flamands et députée flamande, aujourd’hui ministre flamande des Affaires intérieures, des Affaires administratives, de l'Intégration et de l'Égalité des chances se dit bien consciente du contraste avec les propos qu’elle avait tenus il y a deux semaines, lorsqu'elle avait annoncé son retrait de la politique nationale à la suite de la nomination de Paul Van Tigchelt comme ministre de la Justice.

"Si vous m'aviez dit il y a quelques jours que je serais assise ici, je ne l'aurais pas cru", a-t-elle déclaré. "J'étais déçue il y a quelques semaines. C'était un moment difficile, car je pensais ne plus pouvoir avoir d'impact en politique. C'est pourquoi j'avais fait le choix de faire autre chose de ma vie, à côté de mon poste de bourgmestre d'Aarschot."

Gwendolyn Rutten avait déjà rendu ce choix concret et projetait de se lancer dans l'enseignement. "J'envisageais cela jusqu'à ce que je reçoive un coup de téléphone lundi soir, et voilà ma vie bouleversée", a-t-elle ajouté. "Je peux m'imaginer qu'il y ait beaucoup de gens qui ne comprennent pas pourquoi j'ai d'abord voulu quitter la politique nationale et qui me voient assise ici. Je n'ai qu'une chose à dire : c'est la vie. Si vous voulez avoir de l'impact, vous prenez vos responsabilités quand on vous le demande."

Sollicitée notamment pour son expertise dans plusieurs dossiers - et en particulier celui de l’azote que le gouvernement flamand peine à résoudre -, Gwendolyn Rutten a souligné qu’elle se mettrait au travail dès ce mercredi et qu’il est possible de réaliser beaucoup de choses en l’espace des 200 jours qui restent au gouvernement avant les élections régionales de 2024. Son engagement pour la Flandre se poursuivra après les élections, puisque la nouvelle ministre tirera la liste régionale Open VLD en Brabant flamand.

Où est le renouvellement qu’encourageait Bart Somers ?

Le président du parti Tom Ongena a admis mardi que les problèmes qui se sont manifestés ces derniers temps au sein d’Open VLD doivent être aplanis. "Il ne faut pas tergiverser, nous avons traversé une période difficile il y a deux semaines", a-t-il déclaré. "Mais cela montre que Gwendolyn est quelqu'un qui est là quand la Flandre a besoin d'elle."

Avec cette nomination, le renouvellement - demandé notamment par le ministre démissionnaire Bart Somers - n'a pas encore été réalisé, ont admis Tom Ongena et Gwendolyn Rutten. "Ils ont raison, je ne suis pas le renouvellement", a déclaré la nouvelle ministre. "Mais on m'a demandé d’utiliser mes connaissances, mes compétences et mes aptitudes."

Gwendolyn Rutten et Tom Ongena à la conférence de presse

"Gwendolyn n'est clairement pas le renouvellement", a ajouté Tom Ongena. "Mais neuf têtes de liste ont désormais été nommées et six d'entre elles sont des personnalités nouvelles par rapport à la dernière fois. En prenant du recul, Bart Somers a également permis à de nouveaux visages de se présenter aux électeurs. La décision que nous avons prise ici est le choix de quelqu'un qui possède une expertise dans le dossier de l'azote."

"Le renouvellement promis arrivera avec la formation des listes (électorales)", a également déclaré mardi soir la présidente du Sénat Stefanie D'Hose (Open VLD), évoquée un temps comme possible successeure au ministre flamand Bart Somers. "Je suis contente qu'il s'agisse de Gwendolyn. Elle a été ma première cheffe de cabinet. Elle est nouvelle au sein du gouvernement flamand. Et elle a longtemps travaillé dans les coulisses, tout comme moi." Et un renouvellement plus approfondi est en cours, assurait Stefanie D'Hose (photo archives). "Il y aura beaucoup de nouveaux visages parmi les têtes de liste."

Stephanie D'Hose

Rutten a prêté serment

Ce mercredi en début de soirée, Gwendolyn Rutten a prêté serment (vidéo) de vice-présidente Open VLD du gouvernement flamand et ministre de l'Administration intérieure, de la Gouvernance publique, de l'Insertion civique et de l'Égalité des Chances, en remplacement de Bart Somers qui a démissionné lundi.

La prestation de serment, entre les mains de la présidente de l'assemblée Liesbeth Homans (N-VA), est intervenue après la séance des questions d'actualité, un retard dû à l'attente de l'arrivée dans l'hémicycle du ministre-président Jan Jambon (N-VA), de retour d'un déplacement au Maroc. Le chef du gouvernement flamand n'a pas pu empêcher l'opposition de critiquer son leadership et la cohésion de son équipe. 

"Évidemment, j'aurais préféré que Bart Somers reste jusqu'à la fin de la législature", a répondu Jan Jambon. "Mais (la démission) relève de la responsabilité du ministre lui-même. Et c'est la responsabilité de son parti de prévoir son remplacement", a-t-il ajouté, dans une première réaction deux jours après la démission d'un de ses vices-présidents.

Sur les bancs du Parlement flamand, Gwendolyn Rutten est remplacée par le manageur musical et ancien batteur du groupe Clouseau, Bob Savenberg.

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