Quarante-cinq membres du personnel de Vooruit ont signé une lettre ouverte de soutien à leur parti. Ils réagissent aux informations faisant état d'une indemnité de départ supplémentaire accordée à un ancien employé après un cas de comportement sexuel transgressif de la part d'un collègue. Un certain nombre de dirigeants du parti sont également préoccupés par la couverture médiatique "tendancieuse" de leur parti.
45 membres du personnel de Vooruit rédigent une lettre ouverte pour soutenir leur parti face à une présentation jugée "tendancieuse"
Le quotidien Het Nieuwsblad rapportait lundi matin le cas d’une collaboratrice de Vooruit qui avait été agressée par un collègue dans un café après la fête de mariage d'un autre collègue, alors qu'elle avait déjà reçu des messages inappropriés de sa part. La victime a alerté la direction de Vooruit. Elle a été licenciée le 19 septembre 2022 par le président du parti, Conner Rousseau, avec pour motif officiel une insuffisance professionnelle. Selon le quotidien, le parti aurait fait taire cette personne à coup de milliers d'euros.
L'Institut pour l'Égalité des Femmes et des Hommes a justifié lundi la clause de confidentialité mise en cause par le quotidien Het Nieuwsblad. L'IEFH a en effet assisté cette personne lors de son licenciement par le parti socialiste flamand. Un règlement de commun accord a été conclu, contenant un dédommagement et une clause de confidentialité, "comme c'est le cas dans d'autres règlements", selon un bref communiqué de l'Institut. Ce dernier n'a pas donné davantage de détails, en raison du caractère confidentiel du dossier, mais a dit s'être senti obligé de réagir vu l'attention portée à ce dossier.
"Ce que je lis dans le journal aujourd'hui est plein d'erreurs factuelles"
Face à la controverse suscitée par l'article de presse, plusieurs membres de Vooruit ont dénoncé une non-information. "Ce sont des faits qui ne se sont pas déroulés sur le lieu de travail, et dès que la clarté a été faite, l'auteur des faits a été licencié", a expliqué le député flamand Bruno Tobback. "Plus tard, la collaboratrice a elle aussi été licenciée, pour une autre raison", a-t-il ajouté.
"Ce que je lis dans le journal aujourd'hui est plein d'erreurs factuelles", a affirmé la cheffe de groupe au parlement flamand Hannelore Goeman. "Il y a eu une réaction, et le licenciement de la collaboratrice en question était lié à son propre fonctionnement ; je ne reconnais absolument pas mon parti dans l'image qui est faite de lui".
Le Vlaams Belang a sauté sur l'occasion pour réclamer le remplacement de Mme Goeman à la présidence de la commission spéciale sur les abus sexuels, récemment instaurée au parlement flamand, tandis que l'intéressée dénonçait des "petits jeux politiques".
Une lettre ouverte dénonçant une "présentation tendancieuse"
Face à la controverse, quarante-cinq membres du personnel de Vooruit ont rédigé une lettre ouverte de soutien à leur parti, dénonçant "une présentation de l’organisation tendancieuse et déconnectée de la réalité". Selon l'un des signataires, la lettre ouverte a été rédigée de sa propre initiative et a été "largement soutenue". "Nous nous sentons en sécurité. Et si ce n'était pas le cas, vous nous auriez déjà entendus".
Le personnel ne souhaite pas commenter les dossiers personnels de l’ex-collaboratrice, mais souligne qu'ils peuvent soulever des problèmes de comportement transgressif au sein du parti avec un conseiller confidentiel et avec le service de prévention externe.
La couverture médiatique dérange particulièrement ce membre du personnel. "La façon dont cette affaire a été présentée dans la presse est une énorme déception. Il en va de même pour les commentaires sur les réseaux sociaux. "C'est pour cela que nous voulons tracer la limite. Nous ne détournons pas le regard. Nous nous faisons entendre et exprimons par la présente notre soutien au parti et à toutes les personnes qui s'y investissent corps et âme."

