Aller au contenu principal

Vooruit aurait licencié une employée en lui versant des milliers d'euros pour qu’elle garde le silence sur une affaire de comportement transgressif

Le parti Vooruit aurait versé des milliers d'euros à une employée licenciée pour la dissuader de saisir la justice ou de parler à la presse à propos d'une affaire de comportement transgressif commis par un collègue de travail. L’information est révélée lundi par le quotidien Het Nieuwsblad et a été confirmée à la rédaction de la VRT. La jeune femme a été licenciée par le parti en septembre de l'année dernière alors qu'elle bénéficiait d'une protection juridique après l'ouverture d'une enquête sur les événements. Selon Vooruit, son licenciement n'a rien à voir avec les événements.

Eric Steffens
Publié:

En mai 2021, la victime présumée a déposé une plainte auprès de son supérieur hiérarchique. Lors d'une fête de mariage d'un collègue, la jeune femme aurait été agressée sexuellement par un autre collègue. Auparavant, elle avait signalé au même supérieur hiérarchique des messages et des commentaires déplacés de la part de ce même collègue.

Son supérieur avait promis de contacter un responsable du parti, mais la victime présumée n'a plus entendu parler de l'affaire par la suite. Pas même après un autre incident et une autre plainte.

Au début de l'année 2022, la jeune femme a elle-même décidé de s'adresser au directeur politique de Vooruit. Le président Conner Rousseau lui aurait alors demandé de rédiger un rapport écrit sur les événements, ce qu'elle a fait par la suite.

La femme s'est également adressée à Cohezio, le service de prévention du parti, qui a ouvert une enquête. On lui a dit que la plainte la protégeait légalement contre le licenciement pendant un an, en vertu de la loi sur le bien-être. Le rapport du service de prévention a confirmé l'existence d'un "comportement transgressif à caractère sexuel". Il a finalement conduit au licenciement du collègue qui avait commis le comportement transgressif.  

Une importante indemnité de départ

Quelques semaines après la publication du rapport, la victime présumée a été convoquée par ses supérieurs pour une évaluation de son travail. Elle y a été informée des erreurs et des problèmes liés à ses performances professionnelles.

La jeune femme s'est alors mise en congé de maladie, mais a repris le travail au cours de l'été. Le 19 septembre, elle a été licenciée. Selon ses supérieurs, le licenciement n'était pas lié au rapport sur le comportement transfrontalier.

La jeune femme a contacté l'Institut pour l'égalité entre les hommes et les femmes. L'institution l'a informée qu'elle était prête à aller en justice, mais le Vooruit s'est dit disposé à verser une indemnisation. Finalement, le parti et la victime présumée se sont mis d'accord sur le versement d'une indemnité de départ supplémentaire et un accord de règlement a été signé. Comme d'habitude, cet accord contient des clauses de confidentialité.

Ainsi l'accord stipule que "tous les éléments concernant le parti et toutes les informations non publiques relatives à des questions personnelles et confidentielles doivent être gardés secrets et ne doivent donc pas être divulgués à des tiers". La jeune femme devait donc garder le silence sur ce qu'elle a vécu lorsqu'elle était encore employée par Vooruit et devait également garder secrète l'existence de l'accord de règlement.

Vooruit : "Le licenciement était uniquement dû à des évaluations négatives"

Selon Vooruit, l'article de Het Nieuwsblad est "inexact, incomplet et basé sur une version unilatérale des faits". Le parti affirme qu'il ne peut pas divulguer et ne divulguera pas les détails des dossiers individuels des employés ou des anciens employés. Vooruit souligne que le licenciement en question n'était que le résultat d'une "succession d'évaluations négatives".

"Le signalement d'un comportement transgressif - qui, nota bene, s'est produit dans la sphère privée et non au travail - a fait l'objet d'une réponse très prudente et correcte", a déclaré le parti dans une réponse écrite." À tout moment, la personne concernée a reçu le soutien qu'elle demandait et l'auteur du comportement déplacé a été licencié. Vooruit a toujours pris ses responsabilités. Les recommandations du rapport Cohezio ont toutes été mises en œuvre à la lettre. Et ce, toujours dans le plus grand respect de nos collaborateurs".

Selon Vooruit, l'accord sur l'indemnité de départ supplémentaire a été conclu par souci pour l'ex-employée, afin de conclure le processus de médiation "dans la sérénité avec un accord mutuel, plutôt que d'opter pour une bataille juridique".

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5