Plusieurs pays européens dont la Belgique, la Suède, la France et l'Allemagne se sont réunis ce jeudi matin à Luxembourg pour discuter de lutte contre le terrorisme, deux jours après l'attentat de Bruxelles lors duquel deux citoyens suédois ont trouvé la mort, et près d'une semaine après l'attentat d'Arras (France) qui a emporté un enseignant.
La lutte contre le terrorisme au menu d’une réunion avec la Belgique et la Suède
Ce petit déjeuner de travail était organisé par la Belgique et la Suède avant une réunion plus large de l'ensemble des ministres européens au sein du Conseil Justice et Affaires intérieures. L'Autriche, la Finlande, le Danemark et les Pays-Bas y étaient également présents, ainsi que le coordinateur de l'Union européenne pour la lutte contre le terrorisme. "Nous avons eu une réunion avec des collègues européens sur la lutte contre le terrorisme qui est très actuelle en Belgique comme en France", indiquait la ministre belge de l'Intérieur Annelies Verlinden après cette rencontre.
Dans le cas de l'attentat à Bruxelles, l'assaillant avait été condamné et avait séjourné dans une prison suédoise. "Cette information n'était pas connue de notre police et de notre justice", a signalé Annelies Verlinden. "Il est important que nous partagions davantage ces informations entre nous, ainsi qu'entre les services d'immigration et les services de police, afin de nous assurer que ce type d'événements ne puisse pas se produire à nouveau."
Immigration clandestine et rapatriements accélérés
Les ministres présents ont également discuté de lutte contre l'immigration clandestine. En Belgique comme en France, où un terroriste présumé a tué un professeur la semaine dernière à Arras, les auteurs des attaques étaient en séjour irrégulier sur le sol européen. La Commission européenne a d'ailleurs appelé mercredi à faire aboutir le volet "retour" du pacte sur la migration et l'asile, qui prévoit une expulsion forcée pour les personnes en séjour irrégulier qui présentent un risque pour la sécurité nationale.
"Le terroriste qui a commis un attentat à Bruxelles lundi avait demandé l'asile dans quatre pays européens différents et avait été débouté à chaque fois parce qu'il ne remplissait pas les conditions requises pour bénéficier d'une protection", a souligné la Secrétaire d'État à l'Asile Nicole de Moor, qui a demandé une politique européenne de retours plus forte. "Les États membres doivent être plus efficaces, plus rapides dans la prise de décision et la mise en œuvre des retours", a déclaré la commissaire européenne en charge des Affaires intérieures Ylva Johansson.
De l'autre côté, la collaboration avec les pays tiers doit être renforcée pour pouvoir mener à bien les rapatriements. La commissaire suédoise a rappelé que le code régissant les visas dans l'UE permettait de rendre les conditions moins favorables aux pays qui ne collaborent pas suffisamment pour reprendre leurs ressortissants.
Les ministres européens ont aussi abordé le sujet de la radicalisation sur internet et les manières de mieux repérer les "loups solitaires". "Les services de sécurité ont une bonne approche en ce qui concerne les organisations terroristes, mais nous devons nous améliorer concernant les personnes isolées qui trouvent leur inspiration sur internet", a déclaré le ministre suédois de la Justice Gunnar Strömmer. L'accès aux armes à feu est également une problématique importante dont l'UE doit se saisir, a estimé le Suédois.


