Les différents groupes politiques à la Chambre (photo) ont décidé qu’une commission d'enquête parlementaire sur les violences sexuelles commises au sein de l'Église sera effectivement créée et qu’elle débutera son travail à la fin de ce mois. Elle placera les victimes au cœur de son travail. La question du financement du culte sera également abordée, mais uniquement dans le cadre de la responsabilité de l'Église dans les violences commises. Les abus qui se sont produits en-dehors de l’Eglise pourraient également retenir l’attention de cette commission parlementaire d’enquête.
La commission d'enquête parlementaire sur les violences sexuelles au sein de l'Eglise entamera son travail fin octobre
À la suite des témoignages de victimes de violences sexuelles commises par des membres du clergé dans le documentaire de la VRT 'Godvergeten', tous les partis de l'hémicycle ont demandé la mise sur pied d'une commission d'enquête parlementaire. Mais ses contours n'ont pas encore été précisément définis, les écologistes souhaitant par exemple se concentrer principalement sur les victimes et l'enquête judiciaire, en laissant de côté la partie financement, afin de travailler plus rapidement.
Après de larges consultations informelles entre partis, il a finalement été convenu que les parlementaires se concentreront sur les victimes. La commission travaillera parallèlement sur une responsabilisation de l'Église - y compris avec un volet financier - au regard des conséquences néfastes des abus sexuels commis en son sein. La commission reviendra également sur l'enquête judiciaire consacrée aux violences sexuelles au sein de l'Église, dite "Opération Calice".
L'examen de l'enquête judiciaire relève de la compétence des commissions d'enquête: pour appréhender la manière dont la justice a examiné et donné suite aux plaintes - faire une enquête sur l'enquête -, la commission d'enquête recherchera une coopération intensive avec le Conseil supérieur de la justice, précisait le groupe PS à la Chambre. Elle évaluera enfin les recommandations de la commission parlementaire extraordinaire qui s'était déjà attachée au sujet entre 2010 et 2011, avec une attention particulière pour les auteurs de violences qui ont quitté l'Église ou ont été envoyés à l'étranger par celle-ci.
La commission d'enquête devrait être officiellement installée lors de la session plénière du 19 octobre. Elle aurait alors jusqu'au 31 mars pour formuler ses conclusions et ses recommandations. Mais le calendrier reste une question épineuse, la Chambre devant être dissoute avant les élections du 9 juin, alors que le travail d'une commission d'enquête s'inscrit forcément dans la durée. Il n'est donc pas exclu que les travaux se poursuivent au cours de la prochaine législature.
"Faire davantage"
"L’évêque Johan Bonny a déclaré qu’il voulait faire davantage que ce que l’Eglise a fait jusqu’à présent", soulignait le chef de groupe fédéral pour le parti démocrate-chrétien CD&V Servais Verherstraeten. "Cela me semble être une bonne chose. Nous devons entendre l’Eglise pour voir comment concrétiser notre action".
"On a aussi ouvert la possibilité de se pencher sur des violences sexuelles commises en-dehors de l’Eglise", indiquait pour sa part la députée Valerie Van Peel (N-VA). "J’estime que c’est important. Cela me redonne un peu de courage. Espérons que cette fois cela va marcher".
Le prêtre Rik Devillé (photo), qui dénonce de longue date et a répertorié des violences sexuelles émanant de membres de l’Eglise, s’est dit heureux de la création d’une commission d’enquête parlementaire. "Les problèmes que les victimes ont dénoncées dans le documentaire "Godvergeten" pourront recevoir une réponse".



