Le 18 décembre 2014, la dernière Ford Mondeo quittait l’usine automobile de Genk, avant la fermeture définitive du site limbourgeois qui laissait 4.000 travailleurs sans emploi et représentait la perte d’environ 6.000 autres emplois indirects. Le constructeur américain installé depuis 1964 à Genk avait en effet décidé de déplacer sa production à Valence, en Espagne. Malgré les millions d’euros de subsides injectés pour éviter la fermeture d’une fabrique qui au milieu des années 1990 produisait près de 500.000 voitures par an. La disparition de l’usine cinquantenaire avait un impact social et économique important pour la région, déjà touchée par la fermeture antérieure des mines. Mais le gouvernement flamand reprenait le site, une Agence provinciale de développement (POM-Limburg) était créée et une reconversion du site lancée. Ce vendredi, un zoning multimodal baptisé "Logistics Valley Flanders" était officiellement inauguré. Relié à la voie d'eau (canal Albert) et axé sur la logistique et le transport, il devrait abriter 3.000 nouveaux emplois à terme.
En moins de 9 ans, l'ancien site de Ford à Genk transformé en "Logistics Valley Flanders"
Après le départ de Ford en 2014, il aura donc fallu moins de neuf ans pour transformer et équiper le site en un zoning d'entreprises de 96 hectares. "C’est un site unique avec un passé très riche", déclarait ce vendredi Chris Danckaerts de la société des Voies navigables de Flandre, lors de l’inauguration officielle de la Logistics Valley Flanders. "Lorsque Ford a fermé ses portes, la consternation était générale. Mais heureusement, les autorités et les investisseurs privés ont rapidement allié leurs forces dans une même direction", pour mener à bien une reconversion rapide du site.
Les anciens bâtiments de l’usine automobile ont été abattus, les terrains assainis, et un quai de 430 mètres ainsi qu’une zone de transbordement ont été aménagés le long du canal Albert. "Un partenaire privé pourra ainsi construire un terminal à conteneurs sur le site", précisait Chris Danckaerts. "Les plus grands bateaux de navigation intérieure, longs de 200 mètres, pourront y amarrer. Le terminal devrait pouvoir tourner à plein rendement dès le milieu de l’an prochain. Quelque 130.000 conteneurs pourront être traités sur le site de Genk chaque année. Ce qui donnera une impulsion à la navigation intérieure limbourgeoise et permettra d’éviter quelque 100.000 trajets en camions".
La reconversion a nécessité un investissement de 80 millions d'euros, financée par la Flandre mais aussi des partenaires privés. "En dix ans, nous avons construit ici une porte logistique solide", estimait le bourgmestre de Genk, Wim Dries. "Elle déterminera l’avenir de notre ville et du Limbourg. Nous le voyons dès à présent, puisque trois grandes entreprises sont déjà actives sur le site : Port of Limburg est en plein développement, la société H. Essers a déjà aménagé 100.000 mètres carrés et le consortium "Genk Green Logistics" s’est installé sur 100.000 mètres carrés également. Un millier de personnes travaillent actuellement sur le site", précisait le bourgmestre.
Logistique et transport avant tout
L’entreprise de transport et de logistique H. Essers a construit une quinzaine de grands halls pour le stockage de marchandises, dans la zone C d’environ 48 hectares, près du canal Albert.
La zone B est un site non riverain de 42 hectares. Le consortium Genk Green Logistics y a construit 21 unités, qui peuvent être utilisées comme espace de stockage pour des entreprises logistiques ou manufacturières. Plusieurs entreprises de transport opèrent déjà dans ces halls depuis plusieurs mois, notamment Eddie Stobart, P&O Ferrymasters, Nippon Express et Neovia Logistics.
Dans la zone A, que le gouvernement flamand cédait en janvier dernier à la ville de Genk et à l'Agence provinciale de développement (POM Limburg), toutes les entreprises trouveront des installations communes, comme des parkings, bureaux, espaces de restauration et zones tampons vertes.
Un tour d’horizon de la Logistics Valley Flanders à Genk (images Belga filmées avec un drone)
Des nouvelles routes ont été aménagées dans la "Vallée logistique de Flandre", mais aussi 5 kilomètres de larges pistes cyclables. "Le terrain pourra ainsi certainement résister à l’épreuve du temps", déclarait encore Chris Danckaerts de la société des Voies navigables de Flandre.
"Il est aussi le cœur de notre zone industrielle Genk-Sud, qui s’étend sur un total de 1.500 hectares. Je m’attend à ce que, tout comme du temps de l’usine automobile Ford, une toute nouvelle dynamique prenne vie sur ce terrain", concluait le bourgmestre Wim Dries.


