Le comité restreint du gouvernement fédéral a décidé ce vendredi de mettre en place une task force opérationnelle chargée de trouver et d'ouvrir au moins 2.000 nouvelles places temporaires d’accueil pour faire face au pic d'arrivées de demandeurs d’asile et traverser l'hiver. C’est ce qu’a annoncé le cabinet du Premier ministre Alexander De Croo. Ces places temporaires s'ajouteraient aux initiatives déjà prévues dans le Plan hiver de la Secrétaire d'État à l’Asile et la Migration, Nicole de Moor.
Une task force fédérale chargée de trouver au moins 2.000 places d'accueil pour les demandeurs d’asile
La task force sera composée des cabinets ministériels responsables des départements concernés : Premier ministre, Asile, Fonction publique, Défense, Santé, Justice, Régie, Mobilité et Intérieur, ainsi que des administrations suivantes : Fedasil, BOSA, Défense, service public fédéral Santé, Régie des bâtiments, SNCB/Infrabel et le Centre de crise national, détaille le cabinet du Premier ministre. La piste est aussi lancée pour réitérer en Wallonie, via la Fédération Wallonie-Bruxelles, l'initiative prise en Flandre de recourir aux centres de jeunesse et vacances. L'intention est de permettre ainsi d'assurer l'accueil d'hommes seuls, indiquait une source gouvernementale.
Fin août, Nicole de Moor avait envoyé une instruction à son administration visant à ne plus accueillir des hommes seuls demandeurs d'asile en Belgique dans le réseau Fedasil, afin de garder les places existantes pour les familles. Cette décision a provoqué un tollé au sein de l'aile gauche de la coalition gouvernementale. Le 13 septembre, cette décision a été jugée illégale par le Conseil d'État. Mais la Secrétaire d'État veut maintenir son cap, en l'absence de moyens matériels pour répondre à l'arrêt. Nicole de Moor (photo, à g.) assurait en outre bénéficier du soutien du Premier ministre De Croo (photo, à dr.).
À ce jour, 34.000 places d'accueil sont mises à disposition de demandeurs d'asile, rappelle le cabinet De Croo. La liste d'attente pour obtenir une place tournait ces dernières semaines autour des 2.000 places. Nicole de Moor s'est réjouie du caractère conjoint du travail qui sera mené. "Bonne chose que le gouvernement se charge conjointement de la recherche de places d'accueil. Fedasil se donne à fond depuis deux ans et ne peut le faire sans soutien. Engagement à travailler aussi sur des solutions structurelles : deal sur la migration, pacte européen et retour", a-t-elle déclaré sur le réseau social X.
Gilkinet : "Sortir de cette situation d’illégalité inacceptable"
Les écologistes et le PS pas n'avaient caché leur mécontentement devant l'attitude de Nicole de Moor. La pression politique et celle de la société civile ont permis de faire avancer les choses, aux yeux des Verts, même si la revendication d'un plan de répartition entre communes reste à ce jour lettre morte.
"Sous la pression des écologistes et de la société civile, la situation évolue enfin en matière d'accueil des demandeurs d'asile avec la mise en place de cette task force. J'aurais évidemment souhaité que les solutions soient imaginées plus en amont et permettre une meilleure anticipation de la crise actuelle, qui était prévisible. Personne ne peut dormir dehors, qu'il s'agisse de familles ou d'hommes seuls. L'objectif est maintenant de dégager entre 2.000 et 4.000 places nouvelles, de façon à sortir de cette situation d'illégalité qui n'est pas acceptable. Nous avons une obligation de résultat !" a souligné le vice-Premier ministre Georges Gilkinet (photo).


