La louve Emma, descendante de la meute de Hechtel-Eksel dans le Limbourg, a été aperçue à de multiples reprises ces six derniers mois dans la région environnant les communes anversoises de Kalmthout, Brecht et Wuustwezel. Elle peut donc dorénavant être considérée comme un loup "établi", annonce l'Agence flamande de la nature et des forêts (Agentschap Natuur en Bos, ANB). Il s’agit du deuxième territoire de loups en Flandre, après celui de Noëlla et August dans le Limbourg. Emma semble être une louve très discrète, qui ne s’attaque apparemment pas aux moutons non protégés.
La louve Emma s'est établie dans le nord d'Anvers et "elle semble ne pas aimer le mouton"
La jeune louve est née en 2022 et était le dixième petit de la portée des loups Noëlla et August. En collaboration avec les communes anversoises concernées, l’Agence flamande de la nature et des forêts s'est engagée à fournir des informations correctes aux résidents.
Le territoire du loup se trouve par exemple déjà dans une zone à risque délimitée. Cela signifie que des subsides sont mis à disposition, notamment pour l'installation de clôtures (photo) qui servent à protéger les troupeaux. Par ailleurs, les dommages causés par des loups seront également indemnisés, mais seulement s'il est clairement démontré qu'un loup en est bien à l'origine.
L’organisation flamande Welkom Wolf (Bienvenue Loup) décrit Emma comme l’un des loups les plus discrets d’Europe. "On la voit à peine et il n’y a pratiquement pas de signalement de petit bétail tué. Pourtant cette région du nord d’Anvers est remplie de moutons, de chèvres, de daims et d’alpacas qui se trouvent dans des prairies non protégées", décrivait Jan Loos à Radio 2.
"Même de grands troupeaux de moutons dans les réserves naturelles Kalmthoutse Heide et Groot Schietveld ne sont pas inquiétés par Emma. Il semblerait qu’elle préfère se nourrir de chevreuils et de lièvres", précisait Jan Loos. Il conseille néanmoins aux éleveurs de la région d’installer des clôtures anti-loup autour de leurs prairies, "car Emma va attirer des mâles qui n’hésiteront pas à tuer des moutons".
L’hiver étant traditionnellement la saison où les loups mâles se cherchent une partenaire et un territoire, il faut donc s’attendre à ce qu’une nouvelle meute se forme dans la nord d’Anvers, estime encore l’association Welkom Wolf.
Au moins 4 louveteaux de Noëlla toujours dans le Limbourg
D’autre part, au moins quatre des sept (voire plus) louveteaux de la meute aperçue dans le Limbourg sont encore en vie et sortent régulièrement du domaine militaire où ils sont nés. Comme en témoignent des images prises récemment par des caméras animalières et de nombreuses observations sur le terrain, rapportent encore ce vendredi des collaborateurs de l'organisation flamande Welkom Wolf, qui dépend de l'association de protection de la nature Landschap.
Jusqu'au 26 août, quatre louveteaux bien en chair ont été régulièrement repérés à l'extérieur du domaine militaire. On craignait pourtant qu'à la suite de la mort d'August (photo) - le père de la première meute de loups nés dans le Limbourg en 2020 -, qui a été heurté par un véhicule fin juillet le long de la N76 à Oudsbergen, sa compagne la louve Noëlla ne soit pas en mesure d'alimenter seule tous les louveteaux. Mais elle semble, au contraire, remplir à la perfection son rôle de mère redevenue célibataire.

