Laura Verhulst (29 ans) - blogueuse, chroniqueuse au magazine Flair, mais aussi propriétaire d’un café et d’une pâtisserie fine baptisée "Madam Bakster", le nom sous lequel la jeune femme est mieux connue en Flandre - a donné naissance la semaine dernière à la petite Aster. C’est ce qu’annonce ce jeudi le quotidien Het Nieuwsblad. Grâce à l’insémination post-mortem, Laura Verhulst a pu mettre au monde un enfant de son mari Kobe, décédé il y a environ 18 ans d’un cancer de l’estomac. Avant d’entamer la chimiothérapie, il avait fait congeler son sperme. Grâce à l’histoire de Laura et une proposition de loi du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, la période légale imposée pour pouvoir être enceinte d’un partenaire décédé est passée tout récemment de 2 à 5 ans.
"Madam Bakster" a accouché d’une fille de son mari Kobe décédé il y a 18 mois
Il y a un an et demi, Laura Verhulst perdait son mari Kobe. Le couple était marié depuis 3 ans, avait acheté une maison et souhaitait concevoir un enfant. Mais ce rêve était menacé par le diagnostic de cancer à l’estomac que recevait Kobe. Il faisait congeler son sperme avant d’entamer un lourd traitement, mais la maladie toujours plus agressive l’emportait en décembre 2021.
"Il m’a toujours soutenue dans mon désir de devenir maman", racontait "Madam Blokster" en janvier à Radio 2. Peu après le décès de son mari, elle entamait la procédure pour avoir un enfant. En janvier dernier, elle annonçait être enceinte de 13 semaines. Mais elle soulignait aussi à l’époque à quel point le délai légal de 2 ans à respecter pour pouvoir être enceinte via une insémination post-mortem était contraignant et l’avait mise sous pression de temps. Un temps de réflexion de 6 mois est en effet imposé après le décès du partenaire.
"Entretemps, je peux annoncer avec fierté être devenue maman d’une petite fille magnifique, Aster", écrivait Laura Verhulst cette semaine sur Facebook. Un prénom qu’elle avait encore choisi avec son mari. "Aster et moi avons bénéficié d’une semaine de maternité et nous prendrons largement le temps ces prochains mois de faire connaissance l’une de l’autre".
La "course contre la montre" est passée de 2 à 5 ans
La Chambre adoptait en séance plénière, le 30 juin dernier, un projet de loi permettant au partenaire survivant de procéder à l’utilisation de gamètes et d’embryons congelés jusqu’à 5 ans après le décès de l’autre auteur du projet parental. Et non plus jusqu’à 2 ans.
Cette mesure doit permettre aux femmes concernées de bénéficier de plus de temps pour faire le deuil de leur partenaire et de prendre une décision bien réfléchie sur le projet d’être enceinte via insémination post-mortem, a souligné le ministre Frank Vandenbroucke. "Je suis reconnaissante que personne ne doive plus vivre cette course contre la montre et l’énorme pression que j’ai ressentie", avait déclaré Laura Verhulst fin juin dernier.


