Deux écoles primaires néerlandophones à Bruxelles ont décidé de suspendre les cours le mercredi - qui est traditionnellement une demi-journée de cours en Belgique - à partir de la rentrée de septembre prochain. Ceci permettra à leurs enseignants qui viennent de Flandre de faire la navette une fois de moins par semaine. Les écoles espèrent d’une part convaincre ainsi leurs enseignants de rester et d’autre part attirer de nouveaux enseignants. Dans un climat général de pénurie de personnel, c’est un atout de poids.
Des écoles bruxelloises testent la semaine de quatre jours pour lutter contre la pénurie d’enseignants
Dans les écoles néerlandophones de Bruxelles, la pénurie d’enseignants est particulièrement criante. C’est ce qui pousse les établissements scolaires à chercher des solutions pour donner cours avec moins de personnel ou pour attirer davantage de nouveaux collègues. Deux écoles primaires de la commune d’Evere annoncent donc qu’elles suspendront les cours les mercredis à partir de la rentrée de septembre. Trois autres écoles ont également le projet d’introduire la semaine des quatre jours, mais attendent encore le feu vert de l’inspection.
Dans les écoles primaires Papageno et De Weg-Wijzer de l’enseignement de la Communauté flamande à Bruxelles il n’y aura pas cours le mercredi dès septembre. Les élèves pourront rester à la maison ou venir à la garderie de l’école pour suivre des activités payantes, comme des cours de langues ou de musique.
Pour compenser les quatre heures de cours qui tomberont le mercredi, les élèves resteront une heure de plus à l’école les quatre autres jours de la semaine. Pour rendre cette longue journée de cours plus supportable pour les enfants de maternelles et primaires, la septième heure de cours sera avant tout consacrée à la pratique de la théorie apprise. Pour les plus petits, cela signifiera une lecture interactive.
De nombreux avantages
Les deux écoles d’Evere qui tentent cette expérience estiment qu’une semaine de quatre jours offre de nombreux avantages pour les élèves et les enseignants. Pour les enfants, cela représente une journée libre en milieu de semaine qui leur permet de souffler, de se détendre et de préparer calmement leurs tests.
En suivant des activités comme la musique, des langues ou d’autres cours parascolaires, les élèves se découvriront peut-être aussi de nouveaux talents, indiquent les directions. Ces activités seront payantes (3 euros par activité), mais en contrepartie les parents qui envoient leurs enfants à la garderie après les cours devront payer une heure de moins les quatre autres jours de la semaine puisque les cours dureront une heure de plus.
"Nous pouvons proposer ces prix démocratiques parce que nous ferons appel à des subsides", indiquait Lisa Janssens, directrice de l’école primaire De Weg-Wijzer dans l’émission "De ochtend" sur Radio 1.
Moins de navettes pour les enseignants
Pour les enseignants qui résident en Flandre et doivent venir travailler à Bruxelles tous les jours, une semaine de quatre jours signifiera un gain de temps important parce qu’ils ne devront pas faire la navette les mercredis. A l’école De Weg-Wijzer, toute l’équipe pédagogique vient de Flandre. Le nouveau système représentera donc un gain de temps pour tout le monde, estime la direction.
Une évaluation est en tous cas prévue au bout de 2 ans. Elle sera réalisée par les enseignants, les parents et les élèves. Lisa Janssens admet que certains professeurs ont eu quelques craintes à propos du maintien de la qualité de l’enseignement. "Nous pourrons ainsi avoir un enseignant par classe. C’est vraiment une bonne solution pour résoudre le problème de pénurie d’enseignants et offrir des cours de qualité aux élèves", estime la directrice.
Lisa Janssens reconnait que les avis des parents étaient également partagés. "L’avantage est que la pénurie d’enseignants inquiète beaucoup de gens. Les parents ont apprécié que nous soyons activement à la recherche d’une solution".



