C’est ce dimanche à 14h que la 10e édition pour chant du Concours musical international Reine Elisabeth de Belgique prendra son envol, au Studio 4 du centre culturel bruxellois Flagey - une salle mondialement réputée pour son excellente acoustique. La première épreuve de ce Concours se déroulera sur deux jours - les 21 et 22 mai, à 14h et 20h -, pour permettre aux 55 candidats qui s’y présenteront de chanter deux œuvres de leur choix avec accompagnement de piano. Ces quatre sessions sont publiques et pourront notamment être suivies en direct via streaming vidéo . Quatre candidates belges ont été retenues : les mezzo-sopranos Linsey Coppens et Lotte Verstaen présenteront leur programme ce dimanche à 14h (en vertu du tirage au sort de l’ordre de passage effectué vendredi), la soprano Margaux de Valensart chantera ce dimanche à 20h, tandis que la soprano Kelly Poukens passera lundi à la session de 14h.
Le Concours Reine Elisabeth de chant débute ce 21 mai, avec quatre candidates belges
Pas moins de 412 chanteuses et chanteurs âgés de 18 à 33 ans et provenant des quatre coins du monde avaient soumis leur candidature à cette dixième édition du célèbre Concours musical belge annuel dédié alternativement au piano, au violon, au violoncelle et au chant. Soixante-huit d’entre eux avaient été retenus par le jury, présidé par l’organiste et compositeur Bernard Foccroulle, qui fut aussi pendant le longues années directeur de l’Opéra de La Monnaie. A la suite d’une série de désistements, seuls 55 d’entre eux se présenteront finalement à la première épreuve, qui débute donc ce dimanche à 14h à Flagey.
Pour le jury et le public, ce sera l’occasion de découvrir 40 chanteuses et 15 chanteurs, plus précisément 27 sopranos, 12 mezzo-sopranos, une contralto, 4 ténors, 7 baritons en 4 basses d’une vingtaine de nationalités différentes. Quatre Belges en font partie : les sopranos Margaux de Valensart (1991) et Kelly Poukens (1992), et les mezzo-sopranos Linsey Coppens (1993) et Lotte Verstaen (1996). Elles ont toutes déjà une solide expérience des concours de chant et de la scène.
Deux œuvres au choix
Lors des sessions du Concours Reine Elisabeth dédiées au chant, les auditions des candidats sont plus courtes que celles imposées aux instrumentistes, ce qui permet d’organiser la première épreuve sur deux jours seulement - ces dimanche et lundi -, en deux temps (14h et 20h). Les résultats de cette épreuve seront divulgués lundi 22 mai en fin de soirée et l’on connaîtra alors les noms des 24 demi-finalistes.
Cela signifie néanmoins que les candidats n’auront que dix minutes de présentation, ces dimanche et lundi, pour convaincre le jury. Ce dernier est composé de musiciens et chanteurs belges et étrangers de réputation internationale. Ainsi, aux côtés de Bernard Foccroulle (photo), il y aura notamment Peter de Caluwe qui lui a succédé à la direction de l’Opéra de La Monnaie, ainsi que la basse-baryton belge José Van Dam et les chanteurs Helmut Deutsch, Bernarda Fink, Jonathan Friend, Sumi Jo, Sophie de Lint, Patricia Petibon, Christoph Pregardien et Evamaria Wieser.
Pour la première épreuve, les candidats interpréteront deux pièces de leur choix, que ce soit un air d'opéra, une mélodie ou un lied (poème germanique chanté). Les deux airs doivent cependant être d'époques et de langues différentes et seront accompagnés au piano.
En demi-finale, qui aura lieu également à Flagey, les 24 et 25 mai (15h et 20h), les 24 candidats chanteront un récital avec accompagnement de piano. Le jury choisira l’un des deux programmes de récital proposés par chaque candidat.
Enfin en finale, qui aura lieu du 1er au 3 juin au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar) à 20h15, les douze finalistes seront accompagnés par l'Orchestre Symphonique de La Monnaie placé sous la direction de son chef principal Alain Altinoglu (photo). Chaque soir, le public et le jury entendront quatre finalistes, qui interprèteront entre trois et six pièces sélectionnées par le jury, dont au moins un air d’opéra et dans au moins deux langues différentes.
Qui sont les candidates belges ?
• La mezzo-soprano Linsey Coppens (°1993) a étudié à Anvers, Miami et Amsterdam, et est attachée à l’opéra de Stuttgart, en Allemagne. Elle a déjà pris part à des concours en Belgique, en France et aux Pays-Bas.
• La mezzo-soprano Lotte Verstaen (°1996) est une “MM Lauréate”, c’est-à-dire une jeune chanteuse prometteuse qui est encadrée par La Monnaie au début de sa carrière. Elle a récemment interprété le rôle d’Olga dans "Eugène Onéguine" à La Monnaie. Elle s’est formée au Conservatoire de Louvain, chez Catherine Vandevelde. Elle a déjà pris part à trois concours, notamment à Toulouse.
• La soprano Margaud de Valensart (°1991) s’est formée à Namur et Copenhague. Elle a déjà chanté dans plusieurs maisons d’opéra, et notamment récemment à Bruxelles dans “Les Huguenots”. Elle est aussi une “MM Lauréate” de La Monnaie. Elle a participé à plusieurs concours.
• La soprano Kelly Poukens (°1992) a étudié à Louvain et Tilburg. Elle a déjà interprété de nombreux rôles dans des opéras aux Pays-Bas et se produit aussi en musique de chambre. Elle a participé à des concours en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas.
Le chant au Reine Elisabeth depuis 35 ans
Créé en 1937 par le violoniste belge Eugène Ysaÿe et la reine Elisabeth de Belgique, le Concours musical international se veut un tremplin professionnel pour les jeunes virtuoses à l’aube d’une carrière internationale. Dédié au départ alternativement au violon et au piano, il s’est ouvert en 1988 au chant, puis en 2017 au violoncelle.
Le Concours instrumental et vocal a aussi toujours été associé à un concours de composition, puisque chaque année des œuvres nouvelles présentées par des compositeurs contemporains sont sélectionnées comme morceaux imposés pour la demi-finale et la finale des concours de violon, piano et violoncelle. Depuis quelques années, ces imposés ne sont cependant plus choisis sur base d’un concours mais c’est la direction du Reine Elisabeth qui passe commande à deux compositeurs d’une pièce pour la demi-finale et d’un concerto pour la finale.
En familles et sous l’œil des médias
Le Concours musical international Reine Elisabeth de Belgique est réputé dans le monde comme l’un des plus difficiles en raison du programme exigeant qu’il attend des candidats, du niveau extrêmement élevé des jeunes musiciens qui s’y présentent, mais aussi de sa longueur. Pour les instruments de musique, il s’étend en effet presque sur un mois, avec entre la demi-finale et la finale une semaine d’isolement que les douze finalistes passent à la Chapelle musicale Reine Elisabeth, à Waterloo, pour y préparer le concerto inédit imposé.
Tout aussi unique pour ce Concours est le fait que les candidats sont logés dans des familles bénévoles en Belgique, qui les soutiennent et leur procurent un encadrement pratique et moral qui rendent les épreuves nettement plus humaines. Les liens d’amitié entre les artistes et leur famille d’accueil subsistent d’ailleurs souvent de longues années après la fin du Concours.
Enfin, le Reine Elisabeth est suivi chaque édition assidument par les médias, belges et internationaux : la presse qui publie jour après jour des critiques des prestations des candidats, la radio et la télévision qui les suivent en direct, les plateformes numériques qui proposent leurs prestations en streaming live ou à la demande.
• La première épreuve des dimanche 21 et lundi 22 mai, à 14h et 20h, peut être suivie en direct via un streaming vidéo proposé par le Concours
• La demi-finale des mercredi 24 et jeudi 25 mai, à 15h et 20h, pourra être suivie en télévision sur les chaînes Canvas (après-midi) et Ketnet (soir), mais aussi la plateforme VRT-MAX et la chaine radio Klara.
• La finale, qui aura lieu du jeudi 1er au samedi 3 juin à 20h15, pourra être suivie en télévision sur Ketnet (jeudi et vendredi) et Canvas (samedi), mais aussi via VRT-MAX et radio Klara.



