La ville de Saint-Trond (Limbourg) ouvre une ligne directe à l’attention des habitants, agriculteurs et entreprises qui ont subi des dégâts causés par les participants à la rave party clandestine organisée de vendredi à dimanche soirs dans le domaine militaire de Brustem. Sur le site internet de la ville, un formulaire de déclaration de sinistre à accessible. Dès ce mardi, les personnes concernées pourront aussi joindre par téléphone le Contact Center de Saint-Trond, au numéro 011/70 14 14.
Saint-Trond appelle les citoyens, agriculteurs et entreprises qui auraient encouru des dégâts pendant ou à la suite du festival illégal de musique électronique underground à se manifester, afin que les autorités puissent avoir une idée claire des dommages engendrés par les 10.000 visiteurs. "Ceux qui ont subi des dégâts doivent contacter leur assurance. Pour rendre un bon rapport de sinistre, il faut décrire de façon précise les dommages et prendre éventuellement des photos", conseille l’administration communale.
Les équipes de nettoyage ont passé une partie de la journée à enlever les déchets abandonnés dans les environs de l’ancien terrain d’aviation de Brustem. Des participants à la rave party sont également venus nettoyer. "Pour venir fêter, nous n’avons pu faire autrement que de nous garer dans les environs, mais je trouve dommage que certains aient laissé des déchets en partant", admettait une jeune femme qui préférait rester anonyme. "J’ai trouvé nécessaire de venir aider à nettoyer. Ce n’est pas à d’autres personnes à le faire".
"Autogestion - prévenance - liberté"
Les tracts distribués aux participants par les organisateurs du "Teknival" clandestin ont été retrouvés sur le terrain (photo). Ils portent le titre "Autogestion - prévenant - liberté" et montrent que des règles claires avaient été prescrites, en matière de respect des lieux, de la nature, des autres participants, de la santé, du matériel utilisé. Ils témoignent d’une organisation assez poussée et d’une volonté de responsabilisation des participants.
Les organisateurs appelaient cependant les fêtards à s’unir, en cas de descente de police sur les lieux, pour protéger les appareils et le reste du matériel, et se protéger les uns les autres. Un mouvement qui n’a pas été nécessaire puisque les forces de l’ordre ont choisi de ne pas évacuer les lieux, pour éviter de plus graves débordements.
Les organisateurs soulignaient aussi que le racisme, la haine et le sexisme ne seraient pas tolérés pendant la fête. Ils appelaient les participants à garer leurs véhicules de façon à laisser la place au passage de services de secours et à enlever tous les déchets avant leur départ. La consommation abusive d’alcool et de stupéfiants était également vivement déconseillée dans le tract.
Depuis la fin de la fête clandestine, la défense patrouille sur le terrain militaire, la clôture en ayant été endommagée. Des adaptations structurelles devraient être apportées, afin de mieux protéger le terrain militaire d’intrusions.
Au cours des jours à venir, les organisations environnementales mesureront les dégâts causés à la nature par la rave party. Elles envisagent d’éventuelles actions en justice. Un fermier de Saint-Trond témoignait au micro de Radio 2 ce lundi avoir perdu tout un champ de betteraves (photo) parce que les participants sont passés en masse - à pied et en voiture - par son champ pour entrer dans le domaine militaire. Il évalue les dégâts à environ 2.000 euros.

