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La rave party illégale qui a rassemblé environ 10.000 personnes ce week-end à Brustem est terminée, neuf arrestations

Le nombre de fêtards présents à la rave party organisée illégalement depuis vendredi soir dans le domaine militaire de Brustem (photo), près de Saint-Trond dans le Limbourg, a été estimé dimanche après-midi à 10.000, indiquait le gouverneur de la province, Jos Lantmeeters. La police locale, renforcée progressivement par la police fédérale et l’armée, était présente en nombre pour surveiller les lieux mais n’a pas voulu faire évacuer l’endroit, craignant que la situation ne dégénère et ne devienne réellement dangereuse. Les installations musicales ont été démontées dimanche soir par les organisateurs, donnant le signal aux participants qu’il était temps de quitter le domaine. Ce qu’ils ont fait progressivement. La police a retiré 27 permis de conduire et procédé à 9 arrestations. Il y a aussi eu dix interventions médicales et neuf personnes ont été emmenées à l’hôpital, après avoir consommé de la drogue.

Anne François Belga
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Le rassemblement autour de musique électronique underground avait débuté vendredi vers 23h dans le domaine militaire de Brustem, au grand dam des riverains sérieusement incommodés par les nuisances sonores et le trafic engendré par les milliers de fêtards venus parfois de loin et notamment de pays voisins. Les projecteurs et installations musicales ont été éteints dimanche soir. Sur le week-end, quelque 15.000 jeunes se seraient rendus au domaine militaire où des podiums avaient été installés dans les 11 hangars du site. A un moment, ils auraient été plus de 10.000 rassemblés à Brustem.

Plusieurs réunions de concertation ont été organisées par les forces de l’ordre durant le week-end afin d'évaluer la situation. Dimanche matin, les autorités ont décidé de passer à la phase provinciale de gestion de crise. La police fédérale et la Défense sont par ailleurs venus renforcer la police locale. "Pour l'instant, la situation est calme mais elle est toxique, avec beaucoup de consommation d'alcool et de drogue. Il y a au moins 10.000 personnes présentes. La plupart ont beaucoup bu et consomment des drogues. C'est une situation dangereuse", avait indiqué le gouverneur dimanche.

La police était sur place afin de surveiller l'évolution de la situation et éviter, notamment, que des gens sous influence ne reprennent la route. Les personnes qui tentaient encore d'arriver sur le site ou qui le quittaient ont été contrôlées. "Nous devons veiller à ne pas déclencher une guerre sur le terrain. Il s'agit d'un événement illégal organisé par des professionnels qui savent comment se comporter avec la police si des policiers pénètrent dans les locaux. Des brochures ont été distribuées aux fêtards leur expliquant comment ils devaient réagir si la police s'approchait d'eux. Tout cela a été mis en place en deux heures. Tout porte donc à croire qu'il ne s'agit pas d'une fête de scouts", précisait le gouverneur.

C’est une des raisons pour lesquelles les forces de l’ordre et la commune ont décidé de ne pas intervenir et faire évacuer les lieux, craignant des débordements nettement plus importants et plus dangereux avec des milliers de personnes présentes. Le gouverneur laissait cependant entendre qu’il ferait tout pour que la rave party se termine le plus rapidement possible.

Jos Lantmeeters indiquait également que des brochures distribuées par les organisateurs aux participants ont été retrouvées sur le terrain. Elles les appelaient à s’unir contre les forces de l’ordre si celles-ci éteignaient de force les installations musicales. Le gouverneur rappelait que lors de rave parties précédentes - notamment La Boum à Bruxelles pendant la pandémie -, les forces de l’ordre étaient intervenues avec 600 hommes pour disperser les quelque 2.000 participants, ce qui avait entrainé des débordements bien plus importants et des blessés. "Nous voulions à tout prix éviter cela".

Ce lundi, le gouverneur se félicitait que le festival illégal se soit déroulé et terminé sans incident majeur et sans violence.

Certains ont quitté le domaine militaire par la petite porte

Retrait de 27 permis de conduire et 9 arrestations

Les premiers chiffres divulgués par le parquet indiquent que la police a contrôlé 220 véhicules et 375 personnes pendant le week-end. Elle a procédé dans la nuit de dimanche à lundi au retrait de 27 permis de conduire ainsi qu'à neuf arrestations en marge de la rave-party clandestine, a indiqué le parquet du Limbourg ce lundi.

Trois véhicules ont également été immobilisés. La police a rédigé plusieurs dizaines de procès-verbaux pour des faits en lien avec la drogue. Quarante-sept personnes ont pu payer immédiatement une amende pour possession de stupéfiants. De la drogue, mais aussi du matériel de sonorisation et des groupes électrogènes ayant servi à la fête, ont été saisis.

Neuf personnes à l'hôpital

Dix interventions médicales ont eu lieu, dimanche, sur le site militaire de Brustem. Et neuf personnes ont été transportées à l'hôpital après avoir consommé de la drogue.

"Les ressources médicales du 112 et de l'hôpital ont été renforcées. Les hôpitaux voisins étaient prêts à faire face à tout afflux d'admissions", déclarait Michel Carlier, du service de planification des urgences et de gestion des crises du Limbourg.

Ce lundi, le gouverneur du Limbourg soulignait aussi que les faits perpétrés sont sujets à de lourdes peines. "Entrer sans permission dans un domaine militaire, organiser une fête illégale dans un domaine naturel, consommation massive d’alcool et de stupéfiants, dont des drogues dangereuses qui ont créé une situation très toxique. Tout cela ne passera pas sans sanctions. Le parquet est en train d’effectuer les constatations nécessaires", concluait Jos Lantmeeters.

Les dégâts causés au domaine naturel devront aussi être évalués

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