Afin de ne pas entraver les travaux de modernisation prévus par la ville de Courtrai (Flandre occidentale) et la SNCB depuis 2010, la gare de Courtrai (photo) ne fera finalement pas partie des monuments protégés. C’est ce qu’a décidé le ministre flamand du Patrimoine, Matthias Diependaele (N-VA), alors que la gare monumentale datant de 1956 figure depuis le 13 avril sur la liste 2023 Europa Nostra des "sept sites du patrimoine les plus menacés d'Europe" parce qu’elle devrait être démolie. Le ministre Diependaele affirme que de nombreux bâtiments datant d’après la Seconde Guerre mondiale ont déjà été protégés en Flandre et il y aurait déjà 62 gares sur la liste des monuments protégés.
La gare de Courtrai ne fera pas partie des monuments protégés, pour pouvoir être démolie
L'association flamande d'archéologie industrielle avait demandé l'inscription du bâtiment, menacé de démolition par la SNCB et Infrabel dans le cadre d’un projet de modernisation, sur la liste 2023 des "sept sites du patrimoine les plus menacés d'Europe", une initiative européenne qui fête cette année ses dix ans. Le programme, géré par le mouvement citoyen de sauvegarde du patrimoine Europa Nostra, en partenariat avec l'Institut de la Banque européenne d'investissement (BEI), est soutenu par le programme de l'UE "Creative Europe".
Il accorde une subvention de 10.000 euros par site répertorié pour aider à mettre en œuvre une activité qui contribuera à le sauver. Reconstruit dans les années '50 après les bombardements de la guerre, sur base d'un projet de l'architecte Pierre Albert Pauwels, la gare courtraisienne abrite des œuvres d'art - comme les bas-relief de Maurits Witdouck et une céramique de Rogier Vandeweghe -, mais est menacée de démolition depuis 2015 pour faire place à une nouvelle gare.
"Bien que la gare de Courtrai ait certainement une valeur patrimoniale, le dossier s'inscrit dans une problématique plus large. Les Courtraisiens doivent avoir accès à une gare qui est prête pour les défis de mobilité du futur. En protégeant la gare maintenant, nous entravons sa modernisation", a finalement estimé le ministre en charge du Patrimoine en Flandre.
Pétition
Selon Matthias Diependaele (photo), cette décision n'empêche pas la préservation de certains éléments du bâtiment. "En tant que propriétaire des gares, la SNCB peut développer sa propre vision sur la façon de gérer son patrimoine. Une nouvelle construction très chère n'est pas toujours la meilleure solution. En outre, c'est la ville qui délivre le permis et peut donc imposer certaines conditions", a-t-il conclu.
Entretemps, une pétition a été lancée pour protester contre le projet de démolition de la gare de Courtrai. Quelque 3.000 personnes l’ont déjà signée. Elles souhaitent que la gare soit conservée, avec ses façades de briques jaunes, son hall d’entrée baigné de lumière et ses touches frivoles datant des années 1950.

