Des taux de PFOS (acide perfluorooctanesulfonique) supérieurs à la moyenne ont été observés dans le sang de jeunes vivant dans un rayon de cinq kilomètres autour du site de l'entreprise chimique 3M, situé à Zwijndrecht près d'Anvers. C'est ce qui ressort d'une étude commandée par le gouvernement flamand à la suite de la crise des PFOS et PFAS et réalisée sur 303 jeunes par l’Institut flamand pour la recherche technologique (VITO), les universités d’Anvers, de Hasselt et de Bruxelles (VUB) et l’Institut pour l’Hygiène (PIH) de la province d’Anvers.
Des taux de PFOS plus élevés dans le sang des jeunes vivant autour du site 3M à Zwijndrecht
L’étude a été réalisée sur des jeunes de 12 à 17 ans qui vivent depuis au moins 5 ans dans un périmètre de 5 km autour de la fabrique de l’entreprise chimique américaine 3M à Zwijndrecht. Des échantillons ont également été prélevés dans les potagers et les poulaillers, et de la poussière récoltée dans les maisons.
Les résultats de cette étude démontrent que trois quarts des jeunes participant à l’étude pourraient avoir des problèmes de santé en raison de la concentration élevée de PFOS dans leur sang. Six PFAS différents ont été constatés dans le sang des participants, à plus ou moins haute concentration. Ces substances chimiques sont très difficiles à détruire et s’accumulent ainsi dans le corps, ce qui les rend d’autant plus dangereuses.
Dans l’environnement proche des jeunes analysés - dans les communes de Zwijndrecht, Melsele et Kallo -, les concentrations de PFOS sont plus élevées que dans le reste de la Flandre. Ce sont avant tout les œufs de poules élevées dans ces communes qui renferment de hautes concentrations de PFOS. Mais la consommation de fruits et légumes du terroir et de nourriture de magasins locaux fait également monter les concentrations de PFAS dans le sang des riverains.
Immunité et hormones
L’étude a également démontré le lien entre une exposition élevée aux PFAS et une perturbation du système immunitaire. A cela s'ajoutent des effets négatifs sur le système hormonal, sur la croissance et la puberté. Les chercheurs soulignent cependant que dans la plupart des cas, les jeunes ne présentent pas encore de maladie ou de détérioration de la santé, mais bien des changements biologiques précoces qui sont irréversibles.
L’échevin de l’Environnement de Zwijndrecht, Steven Vervaet (Groen), estime donc que les jeunes de sa commune doivent tout particulièrement veiller à leur santé. "Nous devons attaquer le problème à la source et donc assainir le sol. Mais aussi veiller aux fruits et légumes et aux œufs de nos jardins. Il faudra insister auprès de nos jeunes pour qu’ils aient un mode de vie sain. Beaucoup bouger et manger sainement est important".


