L'entreprise chimique américaine, qui possède notamment une usine à Zwijndrecht en province anversoise, annonce ce mardi vouloir arrêter d'ici la fin 2025 la production de substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS). Ces composants ne seront en outre plus utilisés dans les produits fabriqués par la société.
Les PFAS désignent des milliers de composants qualifiés de produits chimiques "éternels" en raison de leur résistance. L'usine 3M de Zwijndrecht (photo), en province d'Anvers, a été récemment responsable d'une pollution qui a fait grand bruit en Flandre. Elle devrait commencer prochainement l’assainissement d’une première partie des sols pollués.
Le géant américain estime que sa décision va lui coûter entre 1,3 et 2,3 milliards de dollars. Cette décision, après 70 ans de développement de produits à base de PFAS, est historique, souligne l'agence Bloomberg. Des règlementations plus strictes et la menace de plaintes font cependant que cette activité n'est plus viable, reconnaît le patron de l'entreprise Mike Roman. Ce revirement "va nous permettre de nous tourner vers d'autres opportunités avec de plus grandes perspectives de croissance", espère-t-il.
Mike Roman n'est pas encore mesure de détailler l'impact à court terme de la décision sur les sites de production de PFAS, ni les conséquences pour l'emploi. Bien que la production ait été progressivement éliminée il y a 20 ans, également à Zwijndrecht, les composants sont toujours bien présents dans l'environnement. La société fait face à plus de 2.000 plaintes qui pourraient lui coûter jusqu'à 30 milliards de dollars, selon Bloomberg.
Le CEO de 3M s'est par ailleurs dit prêt à collaborer avec les entreprises qui utilisent ses solutions à base de PFAS pour trouver des alternatives. Ces substances représentent un chiffre d'affaires de 1,3 milliard de dollars pour 3M, avec une marge bénéficiaire de 16%.


