Notre collègue Fatma Taspinar, chroniqueuse judiciaire à la VRT, présente la saison 2 de la série télévisée sur la Cellule des personnes disparues. Qu'il s'agisse de la recherche de personnes atteintes de démence, d'enfants fugueurs ou de victimes des inondations en Wallonie, la Cellule des personnes disparues de la police fédérale joue un rôle dans presque tous les cas. Dans la nouvelle saison de la série, Fatma Taspinar suit à nouveau les pas des enquêteurs.
La Cellule des personnes disparues de la police fédérale a été créée dans la foulée de l'affaire Dutroux. Nous connaissons tous son célèbre commissaire, Alain Remue, pour des affaires judiciaires très médiatisées comme les disparitions d'Annick Van Uytsel ou de Julie Van Espen. Or, ce n'est qu'une infime partie de ce que la Cellule fait réellement, comme le révèle la deuxième saison de la série "De cel vermiste personen" diffusée le mardi à 20h45 sur la Eén.
"La plupart du temps, les enquêteurs recherchent plutôt des mineurs en fugue ou des personnes atteintes de démence", explique Fatma Taspinar.
Plus récemment, il y a eu l'histoire d'Emilia Chini, cette dame de 75 ans atteinte de démence qui avait disparu à Maasmechelen (Limbourg) et dont le corps sans vie a finalement été retrouvé.
Depuis 2010, les enquêteurs ont donc déjà traité 1 532 cas impliquant des personnes atteintes de démence, soit une moyenne de deux par semaine. Parmi elles, 1 423 ont été retrouvées vivantes, 104 personnes sont décédées, cinq dossiers sont encore ouverts. "Nous vivons dans une société vieillissante, ce phénomène est donc de plus en plus fréquent", constate notre collègue.
Les personnes atteintes de démence ont un comportement imprévisible
"Avec des personnes atteintes de démence, il est très difficile d'estimer ce qui va se passer, car leur comportement est imprévisible", explique Fatma Taspinar. "C'est pourquoi la Cellule des personnes disparues a mis en place un projet avec les maisons de repos. Les responsables des "homes" tiennent un registre des personnes qu'ils savent atteintes de démence. Si une telle personne disparaît, on peut retrouver, par exemple, son ancienne adresse, car c'est souvent-là que ces personnes se rendent."
La Cellule personnes disparues doit pouvoir agir très rapidement dans une telle situation car c'est souvent une question de vie ou de mort. Les enquêteurs lancent aussi un appel à la population : "Si vous voyez une personne désorientée se promener en robe de chambre ou en pyjama dans un endroit inconnu, réagissez".
"Opération cimetière"
Récemment une ancienne affaire judiciaire a connu un épilogue : le corps de Britta Cloetens, disparue depuis 12 ans, a été retrouvé à Dinant. Cela aussi, c'est le travail de la Cellule personnes disparues, qui dispose d'une base de données sur l'ADN des personnes disparues. "Pour tous les corps ou parties de corps retrouvés, ils peuvent vérifier s'il y a une correspondance d'ADN. C'est ce qui a été fait dans le cas de Britta Cloetens", explique Fatma Taspinar.
Pour ce faire, la Cellule travaille sur l'opération "Cimetière" : elle exhume un par un tous les corps non identifiés trouvés dans notre pays, afin de prélever un échantillon d'ADN et de le vérifier dans la base de données. Au total, 10 exhumations ont été effectuées de cette manière jusqu'à présent. Dans trois cas, il y a eu une correspondance positive. De nouveaux cas sont également en cours de préparation.
Les enquêteurs de la Cellule lancent cet appel : "Si un membre de votre famille ou une connaissance a disparu avant l'an 2000, veuillez nous le faire savoir, afin que nous puissions vérifier si le dossier nous est connu".
Une boîte à biscuits remplie de lettres
La série montre comment les enquêteurs tentent même de suivre une nouvelle piste dans l'affaire Ilse Stockmans, une jeune fille disparue il y a plus de 36 ans alors qu'elle se rendait de Louvain à Aarschot. Avec une boîte à biscuits remplie de journaux intimes et de lettres, ils s’adressent à un spécialiste de l’hôpital universitaire de Leuven dans l'espoir de trouver l'ADN de la jeune fille, ce qui n'était pas possible à l'époque.
"J'ai également parlé à sa mère", explique Fatma Taspinar. "C'est une femme courageuse, qui espère obtenir un jour une réponse et pouvoir offrir à sa fille une sépulture. Nous avons vu avec l’affaire Britta Cloetens à quel point c'était important".
"Pour chaque personne disparue, il y a au moins une personne à qui elle manque".
"Le fait qu'après plus de 30 ans, les enquêteurs de la Cellule personnes disparues fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour que ces "cold cases" (affaires non-élucidées) soient un jour résolues, me semble une pensée très rassurante".
La deuxième saison de la série "De cel vermiste personen" est diffusée le mardi à 20h45 sur la Eén.





