Le mois de mars ayant été très humide, le niveau de la nappe phréatique en Flandre est nettement remonté, mais la situation reste fragile, après un mois de février sec et l’été 2022 particulièrement aride. Il est encore trop tôt pour ne plus devoir se faire de souci : une prochaine période de sécheresse pourrait à nouveau faire basculer la situation.
Le niveau de la nappe phréatique est remonté, mais il est trop tôt pour crier victoire
Dans 22% des stations de mesures en Flandre le niveau de l’eau reste bas, voire très bas. Quelque 29% des stations enregistrent un niveau normal pour cette période de l’année et près de la moitié restante des points de mesure indiquent un niveau élevé voire très élevé de la nappe phréatique.
En comparaison, il y a un mois, 82% des stations de mesure en Flandre enregistraient encore un niveau bas ou très bas de l’eau souterraine pour la période de l’année. La situation était alors précaire, à la suite d’un mois de février particulièrement sec. A Uccle, il était alors tombé cinq fois moins de pluie que la normale.
La situation s’est nettement améliorée par rapport au mois de mars dernier. En effet, en mars il est tombé deux fois plus de pluie que la normale. Mais cela reste relatif parce que nous revenons d’un niveau de la nappe phréatique particulièrement bas.
Quoi qu’il en soit, la situation de la nappe phréatique en Flandre est meilleure aussi qu’il y a un an exactement. A l’époque, 60% des points de mesure présentaient un niveau bas ou très bas des eaux souterraines. Mais à l’époque, nous venions de traverser un mois de mars très sec avec seulement 2,2 millimètres de précipitations à Uccle.
La situation est donc bonne actuellement, mais elle peut rapidement changer. D’autant plus que nous ne sommes qu’au début de l’été hydrologique. Pendant ce dernier, il n’y a pas que les précipitations qui jouent un rôle sur le niveau des eaux souterraines, mais aussi l’évaporation causée par la chaleur du soleil.
Comment évaluer ces chiffres?
Bernard De Potter de la Vlaamse Milieumaatschappij (la Société flamande pour l’environnement) qualifie la situation de normale pour cette période de l’année. "Mais cela ne veut rien dire à long terme", souligne-t-il. Car la météo est imprévisible. "Pendant un été très sec, les réserves d’eau peuvent fondre rapidement, et il se pourrait alors que nous ayons une pénurie d’eau à la fin de l’été", précisait encore l’hydrologue Patrick Willems (KU Leuven). Le changement climatique engendrera aussi à l’avenir davantage de situations météo extrêmes.
Les spécialistes estiment donc qu’il est plus judicieux de voir à quel point la Flandre peut résister à une période de sécheresse. "Dans ce domaine, nous nous en sortons mieux maintenant. Le Blue Deal lancé par le gouvernement flamand (une série de mesures pour mieux conserver l’eau) commence à porter ses fruits. Et puis les citoyens sont mieux informés", indiquait Bernard De Potter à VRT NWS. Mais il est important de poursuivre les mesures adoptées et même de les renforcer.
D’autre part, il reste aussi important de se débarrasser autant que possible du revêtement de sol dur, qui ne permet pas à l’eau de pluie de s’infiltrer et qui, par temps de grosse pluie après une période sèche, engendre des inondations. Des initiatives ont été prises à ce sujet, comme l’opération Stop au béton lancée le 21 mars dernier. La surface totale dure en Flandre continue cependant à croitre d’année en année.


