Aller au contenu principal

Les aéroports régionaux reçoivent plus d’aides publiques qu’escompté

Les aéroports d’Ostende et de Deurne (Anvers) bénéficient, en plus des subsides du gouvernement flamand, d’une aide financière du gouvernement fédéral qui s’élève environ à neuf millions d’euros par an. Pour l’aéroport de Deurne (photo), cela représente trois euros de subsides pour chaque euro de revenus, indiquent ce mercredi les quotidiens De Standaard, Het Nieuwsblad et Gazet van Antwerpen.

Anne François
Publié:

A la veille de Noël 2022, le gouvernement flamand décidait de maintenir les trois aéroports régionaux d’Anvers, Ostende et Courtrai-Wevelgem (photo) en activité, au moins jusqu’en 2040. Il prenait cette décision à la suite d’une analyse des coûts-avantages sociaux qui ne s’était pas vraiment avérée à l’avantage de ces aéroports. Il en ressortait notamment que les aéroports régionaux peuvent éviter de tourner à perte uniquement s’ils s’agrandissent un maximum pour obtenir un nombre de passagers nettement supérieur à celui qu’ils accueillent actuellement.

Deurne accueille actuellement environ 300.000 passagers. Ce nombre devrait se multiplier par cinq d’ici 2040. A Ostende, le nombre de passagers devrait être multiplié par six, pour arriver à trois millions de voyageurs.

Le projet est effectivement d’accroitre les activités des trois aéroports. Anvers se concentrera ainsi sur les vols touristiques et d’affaires. Ostende-Bruges assurera avant tout des vols touristiques, mais aussi le transport de marchandises. Quant à Courtrai-Wevelgem, il deviendra un aéroport d’affaires. Dans sa note de vision, le gouvernement flamand a souligné l’importance des aéroports régionaux pour la formation des pilotes et des ingénieurs aéronautiques, mais aussi pour les vols d’entrainement.

Soutien fédéral via Skeyes

Les aéroports régionaux reçoivent chaque année plusieurs millions d’euros de subsides du gouvernement flamand. Mais il est apparu que le gouvernement fédéral y ajoute également une contribution. Il paie en effet tous les coûts pour le contrôle du trafic aérien sur les aéroports d’Ostende et Deurne. Annuellement, cela représente un montant de 9 millions d’euros qui sont alloués au contrôleur du trafic aérien Skeyes.

Ce soutien fédéral provient d’un accord de coopération de 1989 concernant la régionalisation de la navigation aérienne, avec une clef de répartition sur les différentes Régions. Cette aide financière fédérale n’a pas été prise en compte dans l’analyse des coûts-bénéfices du gouvernement flamand.

Piet De Roeck du groupe d’action Vliegerplein, qui s’oppose à l’aéroport de Deurne, juge cela incompréhensible. "Si l’on additionne les coûts pour les gouvernements flamand et fédéral, on parvient à 142 millions d’euros pour les aéroports d’Ostende et Anvers en cinq ans. Un montant astronomique. Il est inacceptable que les subsides du gouvernement fédéral n’aient jamais été communiqués, pas même au Parlement flamand".

Coûts et bénéfices flamands

D’après la ministre flamande de la Mobilité, Lydia Peeters, l’analyse des coûts-avantages sociaux se focalise sur les coûts et bénéfices flamands. "Les coûts et bénéfices au niveau fédéral, mais aussi hors des frontières du pays, n’ont pas été pris en compte. Tout comme l’analyse ne tient pas compte des emplois créés hors de la Flandre"

Pour l’aéroport de Courtrai-Wevelgem, ces coûts ont par contre bien été pris en compte parce que la Flandre paie elle-même pour ce service. "Mais donc pas pour Anvers ni Ostende, parce que ces coûts ne sont pas à charge de la Flandre".

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5