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Procès des attentats : la présidente veut entendre d’abord les enquêteurs, les avocats des victimes fâchés

La présidente de la cour d'assises de Bruxelles (photo) a décidé, ce mardi matin, de modifier le planning des audiences du procès des attentats de mars 2016 et de commencer, mercredi, non pas par l'interrogatoire des accusés comme prévu mais pas l'audition des juges d'instruction, du chef d'enquête et des enquêteurs. Les avocats de la partie civile ont protesté, mais Laurence Massart s’est montrée très ferme : "Vous pouvez contester ma décision, mais on ne va pas y passer la journée".

Anne François Belga
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La présidente Laurence Massart a expliqué avoir pris la décision de modifier le planning étant donné que plusieurs accusés ont déclaré, lundi, qu'ils attendraient la décision du juge des référés au sujet de leurs conditions de transfert de la prison vers le Justitia avant de répondre éventuellement aux questions qui leur seront posées. En commençant par l'audition de toute l'équipe d'enquête, ce qui devrait occuper la cour un mois environ, la présidente s'assure, comme elle l'a expliqué, que la question des conditions de transfert sera balayée avant de commencer à interroger les accusés, y compris en cas d'un éventuel appel de la décision qui sera rendue par le juge des référés.

Les débats au sujet des conditions de transfert des accusés détenus se tiendront vendredi matin devant le tribunal civil de Bruxelles, siégeant en référé, au Justitia à Haren. Six des sept accusés qui sont sous mandat d'arrêt ont assigné, via leurs avocats, l'État belge afin qu'il soit contraint de procéder aux transferts de la prison vers le palais de justice dans des conditions respectueuses des droits de l'homme. Depuis plusieurs jours, les accusés détenus affirment subir des traitements inhumains et dégradants de la part des policiers qui assurent leur transfert, en les soumettant à des fouilles corporelles très intimes, ainsi qu'en leur brouillant la vue et l'ouïe.

Le recours introduit en référé par certains accusés détenus est "une donnée objective à laquelle la cour est confrontée", a poursuivi Laurence Massart. "Tout le monde sera entendu. Les victimes ont toute leur place dans ce procès d'assises", a-t-elle voulu rassurer les avocats de la partie civile. "Tous les accusés nous disent qu'ils ont envie de s'expliquer et de parler au jury. Mon souhait est qu'ils s'expliquent effectivement et que les jurés les entendent. Vous pouvez contester ma décision, mais on ne va pas y passer la journée. C'est la présidente qui est en charge de l'horaire", a-t-elle fermement déclaré.

La présidente a ainsi clos la discussion au sujet de la modification du planning des audiences, refusant de donner la parole à Me Guillaume Lys, l'un des conseils de l'association de victimes V-Europe, après avoir permis tout d'abord à un autre conseil de la partie civile, Me Nicolas Estienne, de s'exprimer. Ce dernier, qui représente une victime américaine, a parlé de "chantage" et estimé que la cour accordait davantage d’attention aux conditions de transfert des accusés qu’au transfert des victimes, "tous les jours d’une chaise roulante à un lit".

Seul Abdeslam absent

Ce mardi à l’audience, seul Salah Abdeslam était absent du box des accusés. Lundi, il avait pu présenter un certificat médical. Les six autres accusés étaient présents.

Pas d’absents du côté des jurés en ce début de semaine. Certains des jurés suppléants ont dû remplacer des jurés au cours des semaines écoulées, si bien qu’ils ne sont plus qu’à 19 sur les 24 désignés à l’entame du procès.

Et puis la cour d'assises de Bruxelles a acté, ce mardi, 111 nouvelles constitutions de partie civile, qui s'ajoutent aux 957 autres déjà actées. Parmi ces dernières personnes qui ont sauté le pas de se constituer partie civile dans ce procès hors-normes figurent des victimes directes de l'attentat dans la station de métro Maelbeek ou de l'attentat dans le hall des départs de l'aéroport de Bruxelles-National à Zaventem, ainsi que des proches de ces victimes.

Ces personnes ont également précisé si elles désirent témoigner devant la cour ou non. Parmi ces nouvelles constitutions figurent notamment la Stib, la société de transports en commun bruxellois, qui était déjà constituée comme "personne lésée". Quatre de ses agents, présents lors de l'attentat à Maelbeek, se sont aussi constitués partie civile.

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