Le commissaire du gouvernement flamand auprès de la KU Leuven n'a pas trouvé d'indications d'une opération visant à étouffer l'affaire du professeur de l’université louvaniste qui était soupçonné d'avoir violé une étudiante et a été condamné pour ces faits la semaine dernière. Le commissaire s'est exprimé ce mercredi à huis clos (vidéo ci-dessous) en commission Enseignement du Parlement flamand. VRT NWS a pu consulter son rapport, commandé par le ministre flamand de l’Enseignement, Ben Weyts. Il indique que la KU Leuven a traité le dossier de façon correcte, afin de protéger la vie privée de la victime.
"La KU Leuven n’a pas étouffé l'affaire du viol d’une étudiante par un professeur"
L'affaire a fait beaucoup de bruit ces derniers jours dans les médias flamands: l'Université de Louvain, même en étant au courant des soupçons pesant sur son professeur pour des faits qui se sont produits en 2016, l'a maintenu en poste pendant des mois avant de l'écarter, en septembre 2018. La KU Leuven indique qu'elle a respecté le souhait de la justice de ne pas mettre l'enquête en danger. Le professeur vient d’être condamné et doit notamment verser une indemnité de 27.000 euros à la victime.
Mais la ministre flamande Zuhal Demir (N-VA), se disant outrée, a récemment indiqué vouloir retenir un subside d'1,4 million d'euros promis à l'université, sans aucun lien avec l'affaire, jusqu'à ce que lumière soit faite sur un éventuel manque de réaction de l'institution. La KU Leuven avait réagi durant le week-end en affirmant vouloir désormais poursuivre et boucler sa propre procédure disciplinaire à l'encontre de l'ex-professeur, désormais condamné en justice.
L'université indiquait également que durant tout un temps la victime avait souhaité rester anonyme et n'avait pas porté plainte. Le commissaire du gouvernement a confirmé ce mercredi la bonne foi de l'institution académique, rapportait aussi un élu flamand de la majorité. Parquet et juge d'instruction auraient d'ailleurs bien demandé à l'université, après la plainte déposée par un proche de l’étudiante, de ne pas prendre de mesure pour ne pas alarmer le professeur, alors que des devoirs d'enquête devaient encore être réalisés.
Le rapport du commissaire du gouvernement écarte en tout cas l'idée d'un étouffement volontaire de l'affaire par l’Université de Louvain, rappelant aussi que c'était le souhait de la victime d'éviter l'attention médiatique. "Le fil rouge dans ce dossier a été la protection de la victime. (…) Le principe de confidentialité et la possibilité de rester anonyme sont pour moi essentiels dans ce type de dossiers. Le plaignant doit avoir l’impression que la confidentialité sera garantie, afin d’oser parler".


