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La ministre Zuhal Demir suspend un subside de la KU Leuven après le viol d’une étudiante par un professeur

La ministre flamande de la Justice Zuhal Demir (N-VA) a annoncé avoir bloqué un subside d'1,4 million d'euros destiné à l'université catholique de Louvain, la KU Leuven, jusqu'à ce que lumière soit faite sur le rôle exact de l'université et de son recteur dans les suites données au sein de l'institution à une affaire de viol d'une étudiante par un professeur. De son côté, l'université a indiqué être restée discrète sur demande de la justice, et avoir désormais l'intention d'imposer une sanction disciplinaire au professeur.

Joyce Azar Belga
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Les faits remontent à 2016, alors que Luc Sels n'était pas encore recteur de l'université. Le professeur dont il est question a été condamné la semaine dernière à une peine de prison, par le juge d'instruction de Tongres (Limbourg), pour avoir violé une étudiante dont il était le promoteur de mémoire, lors d'un congrès à Barcelone.  

Absence de réaction

L'affaire est donc bouclée sur le plan judiciaire, mais la réaction, ou plutôt l'absence de réaction de l'université, selon les proches de la victime, pose question. Plusieurs quotidiens flamands (les journaux Mediahuis) révèlent ce week-end avoir appris que le service de médiation de l'université, ainsi que le doyen de la faculté de Psychologie et pédagogie (de laquelle dépendait ce professeur), avaient été mis au courant du récit de l'étudiante dès 2016. Au-delà d'un entretien avec le professeur, il n'y aurait eu aucune réaction. À noter qu'il n'y avait cependant pas non plus eu de plainte auprès de la police. 

Ce n'est qu'en mars 2018 que l'affaire revient vers l'université, quand les parents de la jeune fille, ayant appris ce qu'il s'était passé, contactent Luc Sels, devenu entre-temps recteur, pour porter les faits à son attention. Il y a alors eu un nouveau contact avec le service de médiation, et la jeune fille, suivant les conseils de ce service, a fini par porter plainte.

Alors que le professeur de pédagogie est  ce moment-là officiellement suspecté de viol, il faudra encore plusieurs mois avant que l'université ne le mette en "non-actif", en septembre 2018, lui permettant même entre-temps d'aller réceptionner un prix au nom de l'équipe de professeurs. 

Suspension de subside

Ce week-end, la ministre Zuhal Demir a affirmé ne pas pouvoir accepter "le silence assourdissant du rectorat actuel", duquel elle n'aurait pas reçu de réponse. Elle compte donc retenir, dans l'attente de clarté, un subside relevant des agences qui tombent sous ses compétences, qui était prévu pour des travaux relatifs à l'occasion des 600 ans de la KU Leuven.

"Les subsides sont inscrits au budget flamand, mais l'accord de coopération pour les affecter doit encore passer au gouvernement", indique son porte-parole. La ministre a donc simplement décidé "de ne pas l'amener au gouvernement, jusqu'à nouvel ordre". Aux yeux de Zuhal Demir, "les personnes qui savaient ce qu'il s'était passé et se sont tus n'ont pas leur place dans le monde académique".  

Accord avec la justice

La KU Leuven a réagi dimanche soir, sobrement, en expliquant la procédure mise en place. Selon l'université, la personne de confiance de la faculté, mise au courant du récit dès 2016, n'a cessé ensuite de tenter d'avoir un contact direct avec l'étudiante, qui jusque-là était passée par un intermédiaire et restait anonyme. "Dès que la victime a été prête pour le faire, il y a eu un signalement formel en 2018, et l'université a alors pris des mesures, en accord avec la police et la justice", se défend l'institution. "

La justice a demandé explicitement à l'université de ne rien faire qui pourrait alerter le suspect et mettrait en danger l'enquête judiciaire et le procès". L'université avance que ce n'est qu'en septembre 2018 qu'elle a pu, avec l'accord de la justice, prendre des mesures et immédiatement bloquer au professeur l'accès aux bâtiments universitaires et aux étudiants. 

"Maintenant que l'information issue de l'enquête judiciaire est disponible pour la KU Leuven (la condamnation étant tombée), l'université va immédiatement poursuivre et boucler sa propre procédure disciplinaire", qui devrait aboutir à une sanction (licenciement ou autre) dans 3 à 6 mois, résume l'institution.

Cette dernière ajoute vouloir évaluer de manière critique sa gestion des cas de comportements abusifs, avec une commission d'experts mise sur pieds "la semaine dernière" et un travail en cours sur un parcours décisionnel clair en cas de signalements.

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