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La ville d'Anvers va continuer à payer 139.000 euros par mois pendant 6 mois pour un hôtel inoccupé

Le parti d'opposition à Anvers, Groen dénonce le fait que la ville continue de verser 139.000 euros de loyer mensuel pour un ancien hôtel situé à Borgerhout, et ce jusqu'en mai prochain. Le bâtiment a accueilli des réfugiés ukrainiens jusqu'à la fin du mois d'avril, mais il est vide depuis lors. Selon l'échevin Koen Kennis (N-VA), le contrat de location n'a volontairement pas été résilié afin d'éviter que des personnes ne se retrouvent à la rue.

Eric Steffens
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En 2023, la ville d'Anvers cherchait une solution pour accueillir des réfugiés ukrainiens. Elle avait alors conclu un contrat de location pour l'ancien hôtel City Inn, situé à Kalverveld, dans le district de Borgerhout. Le bâtiment compte 90 studios et offre une capacité de 180 lits.

Le loyer s'élevait à 1.66.818 euros par an, soit environ 139.000 euros par mois.

Le dernier occupant a quitté les lieux fin avril, mais, selon le parti d'opposition Groen, le contrat de location n'a pas été résilié à temps. La ville doit donc continuer à payer le loyer jusqu'en mai prochain. Entre-temps, le bâtiment reste inoccupé et aucune affectation temporaire n'est prévue, déplore Groen.

"La ville jette l'argent par les fenêtres en louant un bâtiment vide. C'est un énorme gaspillage d'argent public, mais aussi une occasion manquée", dénonce Joke Laukens, conseillère communale des écologistes de Groen. "Les besoins en espaces sont pourtant nombreux dans notre ville et la crise du logement est considérable."

"La majorité communale gaspille l'argent des contribuables anversois"

"Des jeunes en situation de vulnérabilité cherchent un endroit où vivre, des travailleurs étrangers sont logés dans des habitations insalubres et la ville compte plus de 3.400 personnes sans domicile fixe ou sans logement. Pourtant, 90 studios restent inutilisés, alors que la ville paie 1,67 million d'euros par an pour les louer", poursuit Joke Laukens.

"En pleine période d'économies budgétaires et face à d'immenses défis sociaux, la majorité communale gaspille l'argent des contribuables anversois. Comment peut-elle justifier cela auprès de la population ?", s'interroge-t-elle.

La réaction de l'échevin Koen Kennis

L'échevin compétent Koen Kennis (N-VA) reconnaît que les faits concernant le contrat sont exacts. Il estime toutefois que Groen passe délibérément sous silence les raisons pour lesquelles celui-ci n'a pas été résilié.

"Le préavis devait être donné au plus tard début février 2026. À ce moment-là, plusieurs dizaines de personnes déplacées temporairement d'Ukraine vivaient encore dans le bâtiment, dont des familles", explique Koen Kennis. "Rien ne garantissait qu'elles trouveraient toutes une autre solution de logement avant le mois de mai."

"Résilier le contrat aurait signifié que nous risquions de devoir mettre ces personnes à la rue du jour au lendemain en mai, éventuellement au terme d'une procédure judiciaire. Nous ne le voulions pas. La reconduction tacite du contrat n'était donc pas un oubli, mais un choix délibéré afin de ne pas abandonner ces personnes à leur sort", explique Koen Kennis.

"Le dernier occupant a quitté les lieux fin avril 2026. Depuis lors, l'équipe chargée de l'accueil collectif prépare le bâtiment, en collaboration avec le propriétaire, en vue de sa restitution. Les meubles défectueux ou manquants sont remplacés et les réparations nécessaires sont effectuées. Entre-temps, le contrat a été résilié et prendra fin le 2 mai 2027."

Groen réclame une affectation temporaire du bâtiment

Groen demande à la majorité communale d'utiliser rapidement l'ancien hôtel pour accueillir des personnes vivant dans des conditions précaires.

"Notre ville compte suffisamment d'organisations sociales capables de lui trouver rapidement une affectation temporaire. Offrir un toit pendant six mois, durant les mois froids de l'hiver, pourrait changer la vie de nombreuses personnes", estime Joke Laukens.

L'échevin Koen Kennis estime toutefois que cette solution n'est pas envisageable. "L'idée selon laquelle la ville pourrait simplement ouvrir le bâtiment à d'autres catégories de personnes est erronée. Le contrat ne le permet qu'avec l'accord préalable du propriétaire."

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