Au mémorial de la Kazerne Dossin, à Malines, il est désormais possible d'entendre les noms des 25.843 personnes qui ont été déportées depuis ce lieu vers les camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a fallu deux ans et demi pour enregistrer tous ces noms. "Grâce à des milliers de bénévoles, les déportés ont désormais un nom qui résonne à voix haute."
À la Kazerne Dossin, les noms des 25.843 victimes déportées résonnent désormais dans le mémorial
Le projet de la Kazerne Dossin, à Malines, s'intitule "Chaque nom compte". Pendant deux ans et demi, 25.843 bénévoles et personnalités invitées ont chacun enregistré le nom d'une victime de l'Holocauste. Il s'agit de Juifs, de Roms et de Sinti qui ont été déportés en train depuis Malines vers les camps d'extermination.
Tous ces enregistrements ont désormais été assemblés pour former un monument sonore de 50 heures au total. Celui-ci sera diffusé en continu dans la salle Zakhor du mémorial, situé de l'autre côté de la rue, en face du musée. Il s'agit d'un espace sobre, où chacun peut prendre un moment de calme et de recueillement.
"Entendre tous ces noms ne laisse pas indifférent", explique Awa-Alice Ba, de la Kazerne Dossin. "Chaque nom est prononcé par une voix différente, unique, et cela prend toute sa dimension. On entend les milliers de personnes qui ont contribué à la réussite de ce projet et qui ont permis que toutes ces victimes aient désormais un nom qui résonne à voix haute."
Pour de nombreux descendants des victimes, le mémorial est le seul endroit où ils peuvent venir se recueillir à la mémoire de leurs proches, puisque ceux-ci n'ont pas de sépulture. Mais c'est aussi un lieu de mémoire pour toutes les autres personnes qui souhaitent rendre hommage aux victimes.
"Il s'agit d'une page sombre de notre histoire. Dans le mémorial, chacun peut prendre un moment pour réfléchir à ce que cette histoire signifie pour lui personnellement et à ce qu'elle suscite en lui. On peut aussi y découvrir les personnes qui ont séjourné ici. Derrière les nombreux faits et chiffres se cachent autant d'histoires personnelles."
Les portraits de Lieve Blancquaert
Parallèlement à l'installation du monument sonore dans le mémorial, une exposition de la photographe Lieve Blancquaert est inaugurée au musée. Elle a exploré les archives et réalisé les portraits de dizaines de participants au projet "Chaque nom compte".
À travers des doubles portraits, des photos d’archives historiques et des silhouettes de Juifs, Sinti et Roms déportés sont réunies avec les personnes qui ont prêté leur voix pour prononcer le nom d'une victime. Il en résulte une réflexion nuancée sur le passé et le monde d’aujourd’hui.