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Une martre des pierres a été percutée par un véhicule et gît au bord de la route.

Plus de 30.000 animaux tués sur les routes en Flandre en quatre ans : la province d’Anvers la plus meurtrière

En quatre ans, au moins 30.767 animaux ont été tués sur les routes en Flandre. C’est ce qui ressort des chiffres collectés par Natuurpunt, l’association flamande de protection de la nature. Le crapaud commun, le hérisson et la martre des pins sont les victimes les plus souvent signalées. C’est dans la province d’Anvers que le plus grand nombre d’animaux ont été écrasés, tandis que la Flandre-Occidentale enregistre le moins de cas. Natuurpunt indique aussi où les animaux sont le plus souvent victimes de collisions avec des véhicules. Les communes peuvent ainsi prendre des mesures ciblées.

Eric Steffens
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Le crapaud commun est l’animal le plus souvent écrasé sur les routes en Flandre, selon le rapport final du projet de science participative "Dieren onder de wielen" (Des animaux sous les roues), mené par Natuurpunt, l’association flamande de protection de la nature. "Les chiffres montrent à quel point les victimes de la circulation sont liées à ce qui se passe dans la nature", explique Sanne Ruyts, spécialiste des mammifères et membre du service d’études de Natuurpunt.

"Au printemps, les crapauds migrent en masse. Ils traversent les routes pour rejoindre leurs sites de reproduction. Comme ces déplacements se produisent sur une courte période et concernent un grand nombre d’individus, les crapauds sont très souvent écrasés. Ils traversent également les routes dans l’obscurité, se déplacent très lentement et sont difficiles à repérer pour les automobilistes en raison de leur petite taille."

Après le crapaud commun, le hérisson est l’animal le plus souvent victime de collisions routières en Flandre, avec 3.224 signalements. "Le nombre de signalements concernant les hérissons est en baisse par rapport à autrefois, explique Sanne Ruyts. Cela peut sembler positif, mais c’est en réalité une mauvaise nouvelle : il y a moins de hérissons en Flandre qu’il y a dix ans. Nous constatons un recul préoccupant de leur population."

La martre des pierres arrive en troisième position, avec 2.105 victimes.  "Contrairement au hérisson, certaines espèces sont aujourd’hui plus souvent observées qu’il y a dix ans, comme le blaireau. À l’époque, il était encore très rare en Flandre, mais il a fait son retour ces dernières années."

Ci-dessous : Les 10 animaux les plus souvent signalés comme victimes de collisions routières

La province d’Anvers en tête des signalements, la Flandre-Occidentale en dernière position

Dans la province d’Anvers, 9.416 signalements d’animaux victimes de collisions routières ont été enregistrés, soit 31 % du total entre juin 2022 et fin 2025. Le Brabant flamand arrive en deuxième position, avec 6.426 signalements (21 %). "Cela s’explique par le très grand réseau de bénévoles actifs à Anvers et dans le Brabant flamand, mais aussi par les nombreux axes routiers très fréquentés qui traversent les espaces naturels", précise Sanne Ruyts.

La Flandre-Orientale compte 5.884 collisions (19 %) et le Limbourg, 5.641 signalements (18 %). "Dans le Limbourg, le nombre de personnes qui signalent activement ces collisions est plus faible, malgré l’étendue des espaces naturels, explique-t-elle. Nous y recensons davantage de chevreuils et de blaireaux écrasés, car leurs populations y sont plus importantes. Les différences entre les provinces s’expliquent donc principalement par le nombre de personnes qui signalent les collisions."

La Flandre occidentale ferme la marche, avec 3.400 observations, soit 11 % du total. Cela ne signifie pas nécessairement que les routes y sont plus sûres, souligne Sanne Ruyts. "En Flandre occidentale, les bénévoles étaient beaucoup moins nombreux, ce qui laisse des zones sans données sur la carte."

A noter que les observations en Flandre occidentale font état d’un plus grand nombre d’oiseaux victimes de collisions, principalement des goélands argentés et des faucons crécerelles.

"Une explication possible est qu’il y a moins de forêts, d’arbres et d’arbustes en bordure des routes en Flandre-Occidentale. Les oiseaux se posent donc plus souvent au sol, ce qui augmente le risque qu’ils soient percutés par un véhicule."

Ci-dessous : Les routes les plus dangereuses pour les animaux rares

97 nouveaux points noirs particulièrement dangereux

Pour la première fois, Natuurpunt a également étudié précisément les endroits où les animaux sont victimes de collisions routières. L’association a ainsi identifié 844 nouveaux points noirs potentiels, qui s’ajoutent aux 206 sites déjà connus. Il s’agit d’endroits où les collisions avec des animaux sont fréquentes.

Au total, Natuurpunt a recensé 97 points noirs dangereux qui n’avaient pas encore été identifiés. Il s’agit des 97 endroits les plus dangereux de Flandre pour les animaux qui tentent de traverser une route.

"Ces points noirs ne se situent pas nécessairement sur des autoroutes, mais sur des routes où la vitesse autorisée est élevée et qui traversent des espaces naturel", explique Sanne Ruyts. "Le point noir le plus dangereux se trouve ainsi dans la réserve naturelle de Kalmthoutse Heide, dans la province d’Anvers."

Entre 2015 et 2025, des bénévoles y ont signalé 588 animaux victimes de collisions, appartenant à 52 espèces différentes. Parmi eux, 77 animaux appartenant à cinq espèces protégées par la directive européenne Habitats : 28 grenouilles des champs, 27 crapauds calamites, 17 coronelles lisses, 3 grenouilles vertes et 2 pipistrelles communes.

"En Flandre-Orientale, nous observons également de nombreuses victimes aux abords du polder de Doel, où nous avons aussi identifié un point noir prioritaire", indique Sanne Ruyts. "Des routes traversent des espaces naturels et les animaux y sont fréquemment percutés." Et ce, alors que des mesures ont déjà été prises aux abords du port du Pays de Waes pour permettre aux animaux de traverser les routes en toute sécurité.

L’écoduc de Kikbeek, qui enjambe l’E314 à Maasmechelen, relie deux parties du parc national de la Haute Campine.

Natuurpunt a transmis la liste des points noirs aux autorités flamandes. "L’objectif est que les pouvoirs publics prennent des mesures", explique Sanne Ruyts "Cette liste permet aux communes de savoir précisément quelles rues et quels endroits elles peuvent aménager."

Il est notamment possible de construire des tunnels pour la faune, d’installer des barrières pour les amphibiens ou de créer des écoponts afin de limiter les collisions avec les animaux sauvages. "Mais des solutions très simples existent aussi, comme organiser des actions avec des bénévoles lors des migrations de crapauds pour les aider à traverser les routes", ajoute-t-elle.

Pas de nouveau projet prévu

Après quatre rapports, le gouvernement flamand a décidé de mettre fin aux subventions accordées au projet "Dieren onder de wielen" (Des animaux sous les roues), mené par Natuurpunt de 2008 à 2025.

"Nous continuerons simplement à collecter les observations à l’avenir via le site waarnemingen.be", précise Sanne Ruyts.

"C’est vraiment dommage, poursuit-elle. Le dernier rapport final montre tout ce que l’engagement des bénévoles permet d’accomplir : des dizaines de milliers de victimes recensées, mais aussi des points noirs concrets où il est possible d’éviter de nouvelles victimes."

"J’espère que ce dernier rapport consacré aux points noirs incitera malgré tout les communes à mettre en place autant de solutions que possible pour permettre aux animaux sauvages de traverser les routes en toute sécurité", conclut-elle.

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