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Après 15 ans de travaux, la rénovation de l'abbaye de Parc à Louvain est terminée : "L'un des plus grands projets patrimoniaux de Flandre"

Au terme de près de 15 ans de chantier, le site de l’abbaye de Parc dans la commune d’Heverlee a été entièrement restauré. Les espaces intérieurs comme extérieurs ont fait l’objet d’une remise en état minutieuse, une attention particulière ayant aussi été portée aux abords du site. C’est l’aboutissement de l’un des projets patrimoniaux les plus longs jamais menés en Flandre, célébré jeudi avec le vernissage de l'exposition internationale "Paysages entremêlés : l'art à l'abbaye de Parc". L’entrée y est gratuite ce week-end d’ouverture.

Anne François Evert Wouters
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Bien que la restauration de l’abbaye de Parc n'ait débuté qu'en 2012, les projets remontent à 2004. Cette année-là, un plan directeur pour le site a été approuvé par la ville de Louvain qui, en 2011, a conclu un contrat de bail emphytéotique pour l'ensemble du domaine avec l'ordre des Prémontrés. Ce projet ambitieux et global représentait un coût d'environ 49 millions d'euros pour l'administration municipale et le gouvernement flamand, ce dernier prenant en charge un peu plus de la moitié (25 millions) du montant total.

D’après le conservateur Stefan Van Lani, cet engagement des deux partenaires a été crucial pour la survie de l'abbaye, alors en grande difficulté. Elle célèbrera son 900e anniversaire en 2029. "Sans cette restauration, il n'y aurait eu aucun avenir", explique-t-il. "Compte tenu de l'ampleur des travaux et de la taille du site, il s'agissait de l'un des plus vastes chantiers de restauration en Flandre, que nous avons mené en plusieurs phases."

Un plan du 18e siècle a servi de guide tout au long du processus. Les équipes architecturales et l'Agence flamande du patrimoine ont privilégié une approche de restauration "en douceur", respectueuse du caractère historique des bâtiments, des intérieurs et du paysage environnant. L'utilisation de bois de chêne et de peintures traditionnelles à base d'huile et de chaux a permis de conserver une apparence aussi proche que possible de l'original. Le grès calcaire utilisé pour la façade extérieure provient d'une carrière locale.

Les éléments patrimoniaux présents au sein de l'abbaye ont également fait l'objet d'une attention particulière de la part des spécialistes de la restauration. Parmi les biens restaurés figurent trois plafonds en stuc uniques réalisés par Jan Christian Hansche, artiste du 18e siècle, ainsi que la galerie du cloître qui intègre 20 panneaux centraux issus de vitraux créés par le maître verrier louvaniste Jan de Caumont.

Ces éléments de verre du 17e siècle sont officiellement reconnus et protégés en tant que "chefs-d'œuvre flamands" (Vlaamse Topstukken). Le chantier a aussi misé sur des techniques durables, comme la récupération de la chaleur des eaux souterraines.

Les plafonds en stuc ont été soigneusement restaurés.

Ensemble abbatial exceptionnel

"Le projet initial prévoyait l'achèvement de la restauration de l'abbaye pour 2018", précise Stefan Van Lani. "Cependant, la crise du Covid-19, notamment, est venue entraver le bon déroulement des opérations. Des découvertes imprévues - comme un rare sol en mosaïque mis au jour en 2022 - ont également entraîné des retards."

Néanmoins, le bourgmestre louvaniste Mohamed Ridouani (Vooruit) estime que le résultat final justifie amplement la longue attente. "Les visiteurs peuvent y ressentir l’histoire, ainsi qu’une tranquillité presque sacrée", observe-t-il. "Je crois que tous ces éléments concourent à faire de ce lieu un endroit vraiment exceptionnel. Dans un monde qui peut souvent sembler précipité, voire superficiel, cet espace se définit par sa profondeur et son invitation à l’introspection."

Le conservateur Van Lani partage ce sentiment. "Aujourd’hui, l’abbaye de Parc peut sans doute être considérée comme l’un des ensembles abbatiaux les mieux préservés d’Europe occidentale", affirme-t-il. "Des plafonds en stuc comme les nôtres sont extrêmement rares ailleurs dans le monde - même en Italie. En tant qu’habitants de Louvain, nous ne nous en rendons peut-être pas assez compte."

L'abbaye a retrouvé toute sa splendeur

Exposition "Paysages entremêlés"

L'abbaye a par ailleurs bénéficié d'une réaffectation tournée vers l'avenir, devenant un lieu où se rencontrent patrimoine, culture, religion, sciences et échanges. Les visiteurs peuvent notamment y découvrir le musée Parcum et une microbrasserie.

L'exposition "Paysages entremêlés " ouvre ses portes ce 24 octobre et sera à voir jusqu’au 28 mars 2027. Vingt-quatre artistes internationaux, dont Pierre Huyghe, Laure Prouvost, Cecilia Vicuña et Edith Dekyndt, y présentent des sculptures, installations, œuvres textiles, films, paysages sonores et performances. Neuf projets artistiques ont été conçus spécialement pour l'occasion.

"L’atmosphère ici est un peu double : nous terminons la restauration au terme de 15 ans de travaux avec une grande exposition internationale d’artistes contemporains, et en même temps nous avons appris récemment de la ministre de la Culture que les fonds pour le musée et notre centre d’expertise seront réduits de 30%", indiquait à la VRT le directeur du musée Parcum, Wouter Jaspers. "J’invite la ministre à venir voir comment les créateurs se sont inspiré de l’histoire et des archives de cette abbaye".

Le ministre flamand du Patrimoine, Ben Weyts, reconnaissait qu’en temps de restriction budgétaire, le gouvernement flamand avait dû faire des choix. "Nous avons donc choisi de nous concentrer d’abord sur les pierres, sur l’architecture. Le musée n’est finalement qu’une petite partie de tout ce site abbatial".

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Ben Weyts, ministre flamand du Patrimoine : "En période de difficultés budgétaires, il faut faire des choix."

Abbaye de Parc à 3001 Louvain. L’entièreté du site sera ouvert au public dès ce dernier week-end d’octobre. L'entrée au musée Parcum sera gratuite ces 24 et 25 octobre.

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