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Léon Spilliaert, Maison sur la digue 1907

À la Villa Empain, "Soleil Noir" met en dialogue Léon Spilliaert et l’art belge

Près de 80 ans après sa mort, Léon Spilliaert continue de fasciner. À Bruxelles, une quatrième exposition lui est consacrée cette année. Après trois présentations plus discrètes, c’est au tour de la Villa Empain, centre d’art reconnu, de mettre à l’honneur le peintre et dessinateur ostendais avec "Soleil Noir." L’exposition réunit une centaine d’œuvres d’artistes belges, sur plus de 130 ans de création artistique, et fait dialoguer une trentaine d’œuvres de Spilliaert avec celles de figures majeures de l’art moderne et contemporain.

Eric Steffens Belga
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Né en 1881 et mort en 1946, Léon Spilliaert est connu pour son univers symboliste, marqué par la solitude, le mystère et une profonde mélancolie. Son œuvre fait écho à l’univers sombre du poète français Gérard de Nerval, dont un vers célèbre a inspiré le titre de l’exposition.

"Je suis le Ténébreux, — le Veuf, — l’Inconsolé, / Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie : / Ma seule Étoile est morte, — et mon luth constellé / Porte le Soleil noir de la Mélancolie." Ces vers du poème El Desdichado sont à l’origine du titre de l’exposition, a expliqué Louma Salamé, directrice de la Fondation Boghossian.

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Le reportage de la VRT sur l'exposition "Soleil Noir" à la Villa Empain

De l’ombre à la lumière

Le parcours s’ouvre sur les œuvres sombres et presque spectrales de l’artiste ostendais. Dans le lavis d’encre de Chine Femme au bord du chenal en face de l’estacade au soleil couchant, la solitude et la mélancolie occupent une place centrale. Mais au fil des salles, l’atmosphère évolue : l’ombre cède progressivement la place à la lumière et le spleen à l’apaisement. L’exposition dévoile ainsi les différentes facettes de l’artiste.

L’accrochage est organisé en dix chapitres thématiques : Le Ténébreux, Amitiés, La Fontaine, La Reine des plages, Rêves d’horizon, Extérieurs, Intérieurs, Autoportrait, Nues et Soleil noir.

Léon Spilliaert, Autoportrait, 1907

Un dialogue entre les générations

Une trentaine d’œuvres de Spilliaert sont mises en regard de celles de ses contemporains, parmi lesquels James Ensor, Constant Permeke, Edgar Tytgat, George Minne et Henry Van de Velde. L’exposition fait également ressortir l’influence de son univers sur des générations plus récentes. Les œuvres de Luc Tuymans, Hans Op de Beeck, Michaël Borremans, Wim Delvoye et Thierry De Cordier entrent ainsi en résonance avec la sienne.

Jean Brusselmans Phare à Ostende, 1936 Huile sur toile
Luc Tuymans Zeeofficier, 1978 Gouache, aquarelle et crayon sur buvard

De la mer aux arbres de la forêt de Soignes

Au cours de sa vie, Spilliaert a déménagé plus de dix fois. En 1935, à l’âge de 54 ans, il quitte définitivement Ostende pour s’installer à Ixelles. Si la mer et les paysages côtiers ont profondément marqué son œuvre, son intérêt pour la nature ne s’est jamais démenti.

À la fin de sa vie, loin du littoral, il se consacre de plus en plus aux paysages végétaux, notamment aux arbres de la forêt de Soignes, située à proximité de son nouveau domicile. Il cherche alors à saisir les variations de la lumière et les transformations du paysage au fil du temps.

"Oostende bonsoir"

L’exposition se clôt sur les paroles d’Oostende bonsoir, la chanson d’Arno qui rend hommage à l’univers de Spilliaert et à ses jeux de clair-obscur. De sa voix rocailleuse, le chanteur évoque la digue, les marées et le ciel, dans une atmosphère teintée de nostalgie et de solitude. Un écho contemporain à l’œuvre de l’artiste, dont la mélancolie continue de toucher le public.

La Villa Empain qui abrite la Fondation Boghossian

Informations pratiques : L'exposition "Soleil noir" conçue par Louma Salamé et Noémie Goldman autour de l'oeuvre de Léon Spilliaert se tient du 22 octobre 2026 au 19 mars 2027 à la Villa Empain , à Bruxelles. 

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