Si, par hasard, vous avez encore à la maison des prothèses qui ne sont plus utilisées, vous pouvez les déposer pour une bonne action chez Spronken, à Genk dans le Limbourg. Cette entreprise spécialisée dans les techniques orthopédiques collabore en effet avec l'ONG Handicap International pour collecter des prothèses de jambes destinées aux populations qui vivent dans des zones de conflit. Des dons peuvent également être effectués à Hasselt et à Lommel.
Une entreprise orthopédique de Genk collecte des prothèses usagées à destination de personnes qui vivent dans des zones de conflit
"À l'échelle mondiale, on estime que 65 millions de personnes ont besoin d'une prothèse de jambe", explique Antoine Sépulchré, directeur au sein de Handicap International. C'est pourquoi l'organisation non-gouvernementale qui soutient les personnes handicapées lors de conflits, de catastrophes et d’autres situations de vulnérabilité, a noué un partenariat avec l'entreprise d'orthopédie technique Spronken, basée à Genk.
Depuis 1960, Spronken Orthopedie s’impose comme une référence dans le domaine des appareillages orthopédiques en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg et en France. Le groupe est ainsi devenu la plus grande entreprise familiale du secteur orthopédique. Son siège social ainsi que ses "Focus Care Centers" spécialisés sont situés à Genk, en Belgique, à proximité de la zone frontalière où se rejoignent les trois pays.
L'objectif est de cette collaboration est de collecter un maximum de prothèses usagées, pour leur donner une seconde vie dans des régions touchées par des crises. En Belgique, il existe un nombre important de prothèses usagées puisque la plupart des utilisateurs en reçoivent une nouvelle tous les 3 à 5 ans.
Par contre, 8 personnes sur 10 vivant dans des zones de conflit n'ont pas accès à des prothèses. Pour combler cette lacune, Handicap International a lancé le projet "Liimba" , qui consiste à récupérer des composants d'anciennes prothèses pour les intégrer dans de nouveaux appareillages.
Donner une seconde vie aux prothèses de jambe
"En Belgique, les utilisateurs reçoivent une nouvelle prothèse toutes les quelques années, parce que leur moignon change ou leurs besoins évoluent", précise Antoine Sépulchré. "Leurs anciennes prothèses finissent souvent oubliées dans une cave ou à la poubelle. Nous souhaitons désormais les collecter activement pour leur donner une seconde vie."
L'initiative concerne spécifiquement les prothèses de jambe. Selon Tom Daniëls, responsable technique chez Spronken Orthopedie , les différents composants de ces prothèses usagées sont souvent encore en excellent état. "C'est pourquoi nous nous sommes engagés, aux côtés de Handicap International, à collecter ces prothèses via des boîtes de collecte spécifiques, appelées "Liimbaboxes"."
Les personnes qui n’ont plus besoin de leur prothèse peuvent la déposer dans l’un des 17 points de collecte en Belgique. En province du Limbourg, ces points se situent notamment à Genk, Hasselt et Lommel. De là, les équipements sont acheminés vers un atelier à Lyon, en France, où des bénévoles démontent les prothèses, les nettoient minutieusement et en contrôlent la qualité.
Les composants essentiels - tels que les pieds, les genoux et le pylône (la tige qui détermine la longueur de la jambe) - sont ainsi préparés pour pouvoir être réutilisés. Grâce à l’utilisation de ces composants recyclés, les coûts de production peuvent être réduits jusqu’à 83 % par rapport au coût d’une prothèse neuve.
Impression en 3D
Mais tout ne peut pas être réutilisé. L’emboîture - la partie de la prothèse qui est en contact direct avec le membre résiduel - doit être fabriquée sur mesure. C’est pourquoi le projet Liimba a recours à la technologie d’impression en 3D. "Cela permet de créer de nouveaux produits de manière maîtrisée et efficace", explique Tom Daniëls.
Ces activités se déroulent sur place, dans les régions touchées par des conflits où intervient Handicap International : l’organisation gère des centres de réadaptation au Yémen, en Ouganda et en Éthiopie. "Nous essayons toujours de faire en sorte que le patient apporte une petite contribution, afin qu’il se sente également responsable de son équipement", précise Antoine Sépulchre. "Cela dit, il faut admettre que ce n’est pas toujours possible pour tout le monde."
À terme, Handicap International ambitionne de réutiliser, d’ici 2028, la moitié des prothèses disponibles et mises au rebut (en Belgique). Cela permettrait de fabriquer environ 4.000 nouvelles prothèses à partir de ces composants récupérés.
