Les employés de l’hôpital AZ Maria Middelares, à Gand en Flandre orientale, ont désormais droit à un jour de congé supplémentaire en cas de décès d’un proche - une personne qui n’est ni un membre de la famille, ni un conjoint ou un partenaire avec qui ils vivent. L’établissement hospitalier a intégré cette mesure dans un nouvel accord social, à la suite d’une demande formulée par le syndicat chrétien ACV Puls. Le syndicat affirme qu’il s’agit d’une première en Belgique : jamais un employeur d’une telle envergure n’avait mis en place une mesure de ce type.
L'hôpital gantois Maria Middelares instaure un jour de congé supplémentaire pour le décès d'un ami
Précisons que ce congé supplémentaire de deuil ne s'applique pas uniquement à l'hôpital Maria Middelares de Gand. L'établissement fait partie d'une organisation sans but lucratif plus vaste qui gère divers centres de services dans toute la Flandre orientale, notamment à Deinze et à Aalter. Les employés de ces sites sont également couverts par ce nouvel accord.
Il n'existe actuellement en Belgique pas de droit légal à un congé pour décès lorsqu'il s'agit de la perte d'un ami proche. Ce type de congé - officiellement appelé "petit chômage" - est actuellement limité à certains membres de la famille, ainsi qu'au conjoint ou au partenaire avec lequel la personne cohabite officiellement.
Aucune disposition n'est prévue pour le décès d'un ami, d'un ancien partenaire, de l’enfant d’une amie, d'un voisin dont on s'occupait à titre informel, ou encore de proches tels qu'un oncle, une tante, un cousin, une cousine, un neveu ou une nièce. "Dans de telles situations, les employés dépendent de la bonne volonté de leur employeur pour pouvoir s'absenter", explique Robrecht Vanderbeeken, délégué syndical (ACV Puls).
"Si cela n'est pas possible, la seule solution qui reste consiste souvent à consulter un médecin généraliste" pour obtenir un certificat médical. "Dans un milieu hospitalier, c'est particulièrement complexe en raison de la rigidité des horaires. Grâce à ce nouveau dispositif, les employés ont la garantie de pouvoir bénéficier d'un jour de congé."
La direction de l’hôpital Maria Middelares se félicite de cette nouvelle politique. "Elle nous permet de reconnaître que le décès d'un ami peut être une épreuve très douloureuse pour une personne", souligne Catherine Zenner, porte-parole de l'établissement.
Une politique plus large
Ce nouveau dispositif va encore plus loin. Les employés ont désormais droit, par exemple, à 7 jours de congé en cas de décès d'un parent, d'un beau-parent ou d'un parent par alliance – c’est nettement plus que les trois jours prévus par la loi. "Cela offre davantage de temps pour gérer les démarches administratives et l'organisation des funérailles, tout en permettant de prendre un peu de recul après les premiers jours, qui sont souvent les plus éprouvants."
À leur retour au travail, l'hôpital veille également à soutenir les collaborateurs ayant subi un deuil. Si nécessaire, l'établissement peut proposer une aide, notamment par le biais d'un système de "parrainage" (binôme de soutien) ou d'un accompagnement renforcé au sein de l'équipe.
"Lorsque l'on évoque le deuil en milieu hospitalier, on pense spontanément à celui des patients et de leurs proches, mais cela ne s'arrête pas là", explique Aurélie Van Lancker, coordinatrice en soins palliatifs à l'hôpital Maria Middelares. "C'est pourquoi nous souhaitons développer davantage une culture de soutien autour du deuil."
Les employés de l'hôpital auront également la possibilité de fractionner leurs jours de congé pour deuil. Ils ne sont plus tenus de les prendre tous au cours d'une seule et même année. "Imposer une prise dans les 12 mois suggère implicitement que le processus de deuil devrait être "terminé" au terme de cette période, alors même que le sentiment de perte est quelque chose que l'on porte en soi toute sa vie", souligne le représentant syndical Robrecht Vanderbeeken.
Comparaison avec d'autres pays
Le syndicat espère que cette initiative servira d'exemple à d'autres employeurs, tout en appelant les responsables politiques à faire évoluer la législation actuelle. "Le nombre de jours de congé accordés en cas de décès d'un enfant ou d'un partenaire - sous réserve d'un statut de cohabitation officiel - n'est passé de 3 à 10 qu'il y a quelques années. Au Portugal, à titre de comparaison, la loi prévoit 20 jours consécutifs de congé payé pour deuil."
"Au Danemark, les employés peuvent même bénéficier d'un congé de six mois en cas de perte d'un enfant mineur", ajoute le syndicat en guise de dernière comparaison. "Il reste du pain sur la planche pour les responsables politiques qui aiment pourtant qualifier la Flandre de ‘chaleureuse’".
