La construction de 300 unités de logement modulaires, destinées à accroître la capacité des établissements pénitentiaires et des centres de psychiatrie légale, prend du retard. L'information rapportée par le quotidien De Standaard a été confirmée à la rédaction de VRT NWS. Plus tôt cette année, il avait été annoncé que ces espaces seraient mis en place rapidement pour remédier à la surpopulation dans les prisons. D’après le cabinet de la ministre compétente, Vanessa Matz, les premières unités ne seront pas prêtes avant 2028 au plus tôt. La situation frustre des syndicats : "On ne voit toujours pas le bout du tunnel."
300 conteneurs aménagés, destinés à contrer la surpopulation carcérale, n'arriveront pas avant 2028 dans les prisons
La ministre de la Justice Annelies Verlinden et la ministre en charge de la Régie des bâtiments et de la Gestion immobilière de l'État Vanessa Matz avaient annoncé en janvier que ces structures préfabriquées installées à proximité des prisons existantes seraient disponibles d'ici "quelques mois". À Hasselt, par exemple, cela représente 50 places supplémentaires. Au Centre de psychiatrie médico-légal (CPL) d’Anvers, il est question de 90 places additionnelles, et de 30 places au CPL de Gand.
Le délai a entretemps été repoussé jusqu’en 2028 au moins, mais le projet prendra forme "avant la fin de la législature", a affirmé Vanessa Matz. D'après la ministre, le retard est à imputer à la Justice. Après l'annonce de la mesure, ce ministère "a soudainement formulé, à mi-parcours des procédures, des exigences techniques plus strictes que celles prévues dans l'accord-cadre", explique Matz.
Sa collègue s'en défend toutefois. D'après le cabinet de la ministre Verlinden, "une installation sur des terrains pénitentiaires existants a été sciemment écartée du marché dans l'accord-cadre initial, conclu sous la législature précédente". "Il n'est pas question d'un retard dû à des exigences modifiées de la part de la Justice", affirme le cabinet.
"Le déploiement ne dépend pas seulement de la production et de la livraison des unités, mais aussi des travaux préparatoires menés par la Régie des bâtiments", alors que ce type de structure s'accompagne d'exigences spécifiques en matière de sécurité.
Actuellement, 593 détenus dorment sur un matelas posé au sol dans les prisons belges.
Pas de conteneurs pour le Centre de psychiatrie médico-légale d’Anvers
Le projet prévoyant l’installation de 90 unités modulaires (conteneurs) supplémentaires au CPL d’Anvers a été abandonné. "Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a choisi de lancer un appel à projets axé sur l’extension des structures de soins en psychiatrie légale, l’augmentation de la capacité en lits, le développement de centres de soins de jour ou encore le renforcement des équipes mobiles spécialisées", a indiqué la Régie des Bâtiments.
"Des concertations avec les hôpitaux ont révélé l’existence de bâtiments vacants qui pourraient être réaffectés pour répondre à ces besoins."
Robby De Kaey, délégué syndical pour l’ACOD (secteur pénitentiaire), a fait part de sa déception face à ce report. Actuellement, les prisons comptent 13.624 détenus, pour une capacité d’accueil de seulement 11.064 places. "Nous avons plus de 2.500 détenus au-delà de notre capacité, ce qui contraint des centaines de personnes à dormir à même le sol. L’annonce de ces unités modulaires faisait naître une lueur d’espoir. Apprendre aujourd’hui que le projet est finalement abandonné… c’est comme si cette lueur au bout du tunnel venait de disparaître".
