Il y a exactement 30 ans, plus de 300.000 personnes défilaient pacifiquement dans les rues de Bruxelles, vêtues de blanc et munies de ballons, pour réclamer une justice plus efficace et soutenir les familles de Julie, Mélissa, An, Eefje, Laetitia et Sabine, ainsi que tous les enfants victimes de violences. De part son ampleur, cette "Marche Blanche", organisée en réaction aux dysfonctionnements et aux erreurs dans l’enquête Dutroux, a envoyé un signal fort aux autorités et précipité la mise en place d’une commission parlementaire chargée d’examiner les défaillances de la police et de la justice.
20 octobre 1996 : il y a 30 ans, la "Marche Blanche" rassemblait plus de 300.000 personnes dans les rues de Bruxelles
Après l'arrestation, le 13 août 1996, de Marc Dutroux et de ses complices Michelle Martin et Michel Lelièvre, la Belgique a plongé dans l'horreur. Si Laetitia Delhez et Sabine Dardenne ont été libérées deux jours plus tard, les enquêteurs ont découvert les dépouilles de Julie et Mélissa, mortes de faim dans la cache de Marc Dutroux, puis celles d'An et d'Eefje chez Bernard Weinstein, à Jumet.
Meurtris, plusieurs parents d'enfants disparus ont invité la population à participer à une manifestation apolitique et silencieuse le 20 octobre 1996. Cette marche s’est déroulée pacifiquement, sans slogan politique ni calicot. Pour la plupart des participants, c’était la première manifestation de leur vie.
Certaines personnes n’ont jamais pu atteindre le lieu de la manifestation. Elles sont restées bloquées dans les gares ou dans les trains, tandis que d’autres n’ont pas pu avancer, prises dans la foule immense.
"Cette mobilisation historique a engendré d'importantes réformes judiciaires et policières : création du parquet fédéral, du tribunal de l'application des peines (TAP) et d'une police intégrée à deux niveaux. En 1998, la loi Franchimont a renforcé les droits des victimes. Un an plus tard, le Conseil supérieur de la Justice a vu le jour, tout comme Child Focus.
Child Focus veut renouveler la promesse faite aux enfants
Depuis 1998, l'organisation a traité plus de 85.000 dossiers. Dans une carte blanche, la directrice générale de Child Focus, Nel Broothaerts, souligne que la promesse faite aux enfants il y a 30 ans doit être renouvelée.
Elle rappelle que les jeunes font actuellement face à de nouveaux risques numériques ("grooming", "sextorsion", intelligence artificielle). Face à ces vulnérabilités, elle appelle à une mobilisation collective pour bâtir un environnement plus sûr dans le monde réel et virtuel. "Commémorer la Marche blanche (...) c'est une invitation à regarder vers l'avenir", conclut-elle.