Dave De Kock (39 ans) a été condamné ce lundi par la cour d'assises de Gand à 30 ans de prison, dont 25 sans possibilité de libération conditionnelle, et à 15 ans de mise à disposition du tribunal de l'application des peines (TAP) pour le meurtre de Dean Verberckmoes en 2022. Il a ainsi écopé de la peine la plus lourde que la cour pouvait prononcer. Son ex-compagne, la Néerlandaise Romy Wuytack (29 ans), bénéficie d'un sursis probatoire de cinq ans pour la détention et la diffusion d'images pédocriminelles.
Dave De Kock écope de la peine maximale pour le meurtre de Dean (4 ans), Romy Wuytack s'en tire avec un sursis
Cela signifie que Wuytack n'encourra aucune sanction effective si elle ne commet pas de nouveaux faits et respecte les conditions imposées pendant cette période. Elle doit notamment bénéficier d'un accompagnement concernant ses problèmes d'alcoolisme, ainsi que pour sa relation avec son nouveau partenaire et l'éducation de leur enfant (né récemment en détention préventive).
Cet arrêt entérine le verdict rendu vendredi soir aux assises de Gand (Flandre orientale). Le jury avait alors déclaré Dave De Kock coupable de meurtre, d'enlèvement ayant entraîné la mort de l’enfant et de détention d'images de violences sexuelles sur mineurs, tandis que Romy Wuytack avait été acquittée pour l'enlèvement de Dean Verbeckmoes, âgé de 4 ans.
L'arrêt suit par ailleurs les réquisitions du ministère public concernant le principal accusé, le parquet ayant en effet réclamé la peine maximale à son encontre. L'accusation avait en revanche requis 18 mois de prison ferme pour son ancienne compagne, mais la cour a finalement penché pour un sursis probatoire. Déçue et en colère, Elke Verberckmoes, la mère de Dean a qualifié cette décision de "cadeau".
Le corps de la jeune victime avait été retrouvé le 17 janvier 2022 aux Pays-Bas, au large de Neeltje Jans (province de Zélande). L'enfant avait séjourné chez le couple De Kock - Wuytack à Saint-Gilles-Waes (province de Flandre orientale). Le ravisseur et le garçonnet ont été vus pour la dernière fois le 12 janvier. Le principal suspect avait été arrêté le 17 janvier à Meerkerk (province d'Utrecht) après avoir franchi la frontière néerlandaise et avoir abandonné la dépouille. Un juge d'instruction de Termonde avait ensuite obtenu sa remise à la Belgique.
De Kock a reconnu le meurtre
S'ils ont tous deux plaidé non coupables pour l'enlèvement, Dave De Kock a reconnu le meurtre. Il a battu le petit Dean à mort. La partie civile réclamait une requalification des faits en assassinat (soit un meurtre commis avec préméditation) pour le premier et en négligence coupable pour la seconde. Les trois juges de la cour d'assises de Gand ont finalement décidé que les jurés ne devaient pas se prononcer sur ces questions.
La jeune femme n'est tenue coupable que de la détention et de la diffusion d'images pédocriminelles, car elle a transféré vers son propre téléphone des images provenant de l'appareil de son ex-partenaire, images qui n'avaient aucun rapport avec Dean. "Le fait qu'elle ait agi ainsi pour confronter l'accusé à ces images n'a aucune pertinence pour l'établissement de sa culpabilité", a souligné le président dans la motivation de l'arrêt. La Néerlandaise était en détention provisoire depuis près de cinq ans et quittait doc le tribunal en femme libre ce lundi.
Le tribunal a justifié l’octroi de la peine maximale à Dave De Kock par divers éléments, dont le caractère exceptionnellement violent, cruel et irréfléchi avec lequel le trentenaire a ôté la vie à Dean, mais aussi le fait que De Kock ait déjà été condamné par le passé pour le meurtre d’un enfant de 2 ans de manière violente.
Le tribunal conclut qu’une peine de prison de longue durée est indispensable pour assurer un cadre structurant au coupable et garantir une protection suffisante à la société. Les juges précisent que, privé d’un tel encadrement, De Kock perd "tout contrôle" face à la frustration ou aux contrariétés, devenant alors capable de commettre des "actes effroyables".