Le financement climatique international octroyé par la Belgique pour aider les pays vulnérables à s’adapter au changement climatique a atteint 227 millions d'euros en 2025. Cela correspond à une baisse de plus de 20% par rapport aux 287 millions d'euros octroyés par notre pays en 2024, d’après les chiffres communiqués par l'administration belge aux instances européennes.
L'an dernier, la Belgique a réduit de 20% son aide climatique aux pays vulnérables
Signataire de l'Accord de Paris, la Belgique continue à garantir une contribution au financement climatique international, malgré le contexte budgétaire difficile, souligne le service Changement climatique du service public fédéral Santé publique.
L'Accord de Paris prévoit en effet que les pays développés mobilisent, à partir de 2020, 100 milliards de dollars par an pour aider les pays en développement face au réchauffement climatique. À la COP29, qui a eu lieu fin 2024 à Bakou, un nouvel objectif financier collectif a été défini: il prévoit de porter le financement climatique aux pays en développement à au moins 300 milliards de dollars par an d'ici à 2035.
C'est dans ce contexte que le financement climatique octroyé par la Belgique s'est élevé, en 2025, à près de 226,87 millions d'euros, dont 192,19 millions d'euros provenant du gouvernement fédéral, 17,94 millions d'euros de la Flandre, 13,86 millions d'euros de la Wallonie et 2,87 millions d'euros de la Région de Bruxelles-Capitale.
Le financement climatique de la Belgique est largement consacré à des projets d'adaptation aux conséquences du dérèglement climatique, ce qui répond à une demande récurrente des pays du Sud qui déplorent de longue date que la majeure partie du financement international soit consacrée à l'atténuation, c'est-à-dire à des projets de réductions des émissions de gaz à effet de serre.
Selon le service Changement climatique, le financement climat belge met l'accent sur l'adaptation au changement climatique en Afrique et dans les pays les moins avancés, avec une attention particulière pour les systèmes alimentaires durables et l'utilisation durable des terres, la biodiversité et les écosystèmes.
Surtout moins d'argent privé
Le fédéral, de même que la Wallonie, soutiennent notamment de longue date le Fonds pour les pays les moins avancés (LDCF) qui finance des projets d'adaptation dans les pays les plus pauvres. Le fédéral a d'ailleurs pris un nouvel engagement de 50 millions d'euros pour la période 2026-2029 en faveur de ce fonds.
Jusqu'à présent, le LDCF a permis de financer plus de 420 projets, au bénéfice de plus de 74 millions de personnes, et de renforcer la résilience climatique de plus de 14,1 millions d'hectares de terres.
Selon le Service Changement climatique du Service public fédéral Santé publique, la baisse observée entre 2024 et 2025 s’explique principalement par une diminution des financements apportés par des partenaires privés.
En 2024, divers projets menés par la Société belge d’investissement pour les pays en développement (BIO) avaient permis de mobiliser un volume nettement plus important de capitaux privés en faveur d’initiatives liées au climat. Toutefois, ces investissements dépendent étroitement de projets de grande envergure et peuvent varier considérablement d’une année à l’autre.
En revanche, la contribution du secteur public est restée inchangée par rapport à 2024, note le service Changement climatique.
Le mois prochain, la COP31 - la conférence des Nations unies sur le climat - débutera à Antalya, en Turquie. Comme ce fut le cas ces dernières années, le financement climatique destiné aux nations vulnérables constituera, une fois de plus, un sujet central.
Les petits États insulaires et d’autres pays du Sud global exigent que les nations occidentales accroissent leur soutien financier en matière climatique. Ces dernières manifestent néanmoins peu d’enthousiasme à l’idée de débloquer des fonds supplémentaires au-delà de ceux qui ont déjà été alloués.
