Le groupe chimique allemand Covestro veut supprimer 309 des 976 emplois sur son site anversois. Parmi ces postes, 260 correspondent à des licenciements effectifs. L’entreprise souhaite réorganiser son site en raison d’une surcapacité à l’échelle mondiale. Le personnel a été informé ce matin. "Les travailleurs sont surpris et abattus. Cela concerne 25 % d’entre eux", explique Patrik Collier, du syndicat chrétien ACV.
Le groupe chimique Covestro prévoit de supprimer 260 emplois sur son site dans le port d’Anvers
Selon l'entreprise, la rentabilité des lignes de production de polycarbonate à Anvers s'est considérablement dégradée ces dernières années. "Les activités liées au polycarbonate sont confrontées depuis 2022 à des pertes d'exploitation persistantes, qui ont atteint plusieurs dizaines de millions d'euros en 2025", a-t-elle expliqué. "Faute de perspectives de redressement durable, des ajustements structurels sont nécessaires pour préserver la compétitivité et la viabilité économique du site à long terme."
Covestro pointe également une crise structurelle du secteur chimique européen. "Il devient de plus en plus difficile pour Covestro de commercialiser de manière compétitive et rentable les matériaux produits en Europe, en particulier dans le segment des polycarbonates standard à bas prix", a affirmé sa directrice Susanne Buchholz. "Ne pas agir aujourd'hui compromettrait la viabilité économique à long terme de notre site d'Anvers."
Conformément à la procédure Renault, l'entreprise entamera jeudi la phase d'information et de consultation avec les partenaires sociaux.
Le syndicat dénonce la procédure suivie par la direction
Selon Patrik Collier (ACV), les représentants des travailleurs n’ont reçu qu’une partie des informations. Pendant une suspension de la réunion, ils se sont concertés entre eux. "Lorsque nous sommes revenus dans la salle, la direction était absente."
Le représentant syndical doute dès lors que la direction ait correctement respecté la loi Renault, qui encadre les licenciements collectifs, et que sa déclaration d’intention soit conforme à la législation. Selon lui, la direction a informé l’ensemble du personnel à ce moment-là. "Ce n’est donc pas conforme à la procédure." Normalement, la direction doit d’abord discuter de son projet avec les syndicats avant d’en informer le personnel.
Quelle sera la suite ?
Les syndicats réclament une véritable concertation sociale dans les meilleurs délais. Ils veulent également examiner si des solutions alternatives permettraient de limiter le nombre de licenciements.
Selon Patrik Collier, il est encore trop tôt pour envisager des actions. "Elles doivent aussi être utiles. Cela ne sert à rien d’organiser une action si l’on ne sait pas quel résultat on veut obtenir." Il souhaite d’abord rétablir le dialogue avec la direction.
