Aller au contenu principal

L'entreprise pharmaceutique GSK Belgique va adapter son organisation : 1.217 emplois menacés

GSK Belgique, l'un des plus gros employeurs privés de Wallonie, a annoncé ce mercredi, au cours d'un conseil d'entreprise extraordinaire, son intention de procéder à une restructuration qui pourrait toucher "jusqu'à 1.217 emplois", répartis sur les trois sites belges à Wavre, Rixensart et Gembloux. Ce sont avant tout les cadres et les employés de bureau, plus que les ouvriers, qui seraient concernés par cette mesure.

Anne François Belga
Publié:

Les suppressions d'emplois porteraient sur 482 employés en CDI (contrat à durée indéterminée) et 735 cadres en CDI, d'ici 2028. Le personnel ouvrier en CDI ne devrait pas être touché. La direction affirme devoir réallouer les ressources vers ses candidats médicaments et vaccins les plus prometteurs, tout en simplifiant son organisation.

Elle indique qu'à "l'issue de ces changements proposés, GSK restera le premier employeur biopharmaceutique de Belgique, avec plusieurs sites actifs dans la recherche, la production et les fonctions de support, soutenus par un investissement annuel de 300 millions d'euros dans ses sites belges. GSK Belgique continuera par ailleurs à jouer un rôle essentiel au sein du groupe, en contribuant à plus de 50% de la production mondiale de GSK dans le domaine des vaccins."

Le personnel a tenu ce mercredi matin des piquets de protestation.

Cette annonce lance la phase d'information et de consultation de la procédure Renault. Direction et syndicats vont donc négocier au cours des prochaines semaines. "GSK s'engage à mener ce dialogue social avec sérieux, respect et transparence, en étroite concertation avec les représentants du personnel, afin d'examiner toutes les possibilités permettant d'éviter ou de réduire les licenciements collectifs envisagés et d'en atténuer les conséquences au moyen de mesures d'accompagnement social adaptées", indique l'entreprise.

La FGTB Chimie juge "inacceptable que l'emploi soit considéré comme une simple variable d'ajustement au service de la rentabilité d'une multinationale" et exigera "de la direction une transparence totale sur les motivations économiques et stratégiques de cette restructuration, ainsi que sur les alternatives permettant de préserver l'emploi".

Le syndicat socialiste affirme avoir "des alternatives à proposer à la direction de GSK afin de diminuer au maximum l'impact de cette restructuration sur les travailleurs". En attendant, deux assemblées du personnel sont prévues ce mercredi pour informer plus en détails les travailleurs.

Plus grosse annonce de licenciement collectif depuis Cora

L'annonce de l'entreprise pharmaceutique d'origine britannique est de loin la plus grande intention de licenciement collectif de cette année, selon des chiffres du Service public fédéral Emploi, Travail et Concertation sociale. D'autres annonces importantes ont eu lieu en 2026 chez Nike à Laakdal (736 travailleurs), UPS Belgium à Machelen (525 travailleurs) et H&M Logistics à Mons (440 emplois).

Il s'agit également du dossier le plus important depuis celui de Cora, qui avait annoncé en avril 2025 vouloir fermer ses sept hypermarchés, menaçant ainsi 1.777 emplois.

La restructuration chez GSK ne figure toutefois pas dans le top dix des plus grandes annonces de ces dernières années. Le dossier le plus important depuis 2010 est celui du constructeur automobile Ford, qui avait décrété en octobre 2012 la fermeture de son usine de Genk (Limbourg) et son intention de licencier collectivement 4.264 travailleurs.

Deux autres usines automobiles, Audi Brussels et Opel Anvers, occupent les troisième et quatrième places, avec respectivement 2.920 et 2.612 emplois menacés (en 2024 et 2010). La chaîne de supermarchés Carrefour s'intercale à la deuxième place au milieu des constructeurs automobiles. En juin 2010, elle avait annoncé son intention de procéder à un licenciement collectif de 3.363 personnes dans ses hypermarchés. Enfin, la cinquième place est également occupée par une chaîne de supermarchés, Delhaize Belgique, où 2.500 emplois avaient été menacés en juin 2014.

L'une des implantations de GSK en Wallonie

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5