Le policier de 41 ans décédé dans la nuit de lundi à mardi dans la commune bruxelloise de Jette a été mortellement blessé par balle lors de l'interception d'un véhicule volé au cours d'un carjacking à Tubize (Brabant wallon), selon des sources officielles. Les auteurs ont été interceptés par la police à hauteur de Jette et auraient immédiatement tiré. Touché par balle, le policier a été transporté à l'hôpital, où il est décédé. Entretemps, plusieurs personnes ont été interpellées.
Un policier décède à Jette: les suspects auraient tiré pendant la poursuite qui a succédé à un carjacking à Tubize
Le policier décédé appartenait à la zone de police Bruxelles-Capitale Ixelles et travaillait au sein de la Brigade Anti-Agression (BAA), une unité mobilisée notamment lors d'interventions à risque. La patrouille avait été dépêchée sur le terrain dans la nuit à la suite d'un car-jacking perpétré à Tubize, en Brabant wallon. Des caméras ANPR avaient repéré le véhicule volé, ce qui a conduit à une confrontation à Jette.
Au cours de l'incident, le policier a été atteint par les tirs des suspects, qui auraient ouvert le feu presque immédiatement, selon les informations rapportées. La victime a été transportée à l'hôpital avec une blessure par balle, dont elle a succombé par la suite.
L'ensemble des forces de police est profondément sous le choc. Selon le syndicat policier NSPV, il s'agit du 36e policier qui perd la vie dans l'exercice de ses fonctions au cours des 25 dernières années. "Tous ces incidents n'impliquent pas des tirs - il s'agit parfois d'accidents -, mais la violence en représente une très grande part", souligne Joery Dehaes du NSPV.
Dehaes fait remarquer que les syndicats réclament depuis longtemps un meilleur suivi des violences à l'encontre de la police. Il reconnaît qu'une certaine amélioration est déjà perceptible - en partie grâce à la publication d'une circulaire -, mais que la situation n'est pas encore optimale. "Nous restons donc pleinement mobilisés sur ce sujet."
Le parquet de Bruxelles a confirmé ce mardi matin le décès. Les circonstances exactes des faits ne sont pas encore connues. Le ministère public s'est rendu sur place avec un juge d'instruction et a annoncé une conférence de presse plus tard dans la journée.
Condoléances de plusieurs ministres
Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close (PS), s'est rendu dans la nuit sur les lieux du décès du policier à Jette, aux côtés du chef de corps Michel Goovaerts, indiquait-il ce mardi matin. Ils ont rejoint le procureur du Roi, Julien Moinil, présent avec les équipes d'enquête.
Philippe Close a dit avoir appris le décès "avec beaucoup d'émotion". "Le métier de policier est difficile. On le sait, mais certains ne mesurent pas toujours les risques que ces femmes et ces hommes prennent chaque jour pour protéger les autres", a-t-il déclaré. "Ils le font avec une responsabilité immense, parfois au péril de leur propre vie."
Le bourgmestre a adressé ses condoléances à la famille, aux proches et aux collègues du policier, ainsi qu'à "toute la famille de la police de Bruxelles". "N'oublions jamais que ces agents du service public veillent au quotidien sur notre sécurité", a-t-il ajouté.
Le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, Bernard Quintin (MR), s'est dit "profondément bouleversé" par le décès du policier bruxellois en exercice. "Le ou les coupables devront subir toute la rigueur de la loi", a-t-il déclaré sur X.
Le ministre a adressé ses pensées à la famille et aux proches du policier, ainsi qu'à ses collègues de PolBru. "Nous sommes à leurs côtés pour traverser ces moments particulièrement difficiles", a-t-il affirmé.
Sur les réseaux sociaux, le Premier ministre Bart De Wever et la ministre de la Justice Annelies Verlinden, notamment, ont exprimé leurs condoléances aux proches du policier décédé et rendu hommage au travail et au courage quotidiens des agents de la police.
Conférence de presse: "Plusieurs personnes interpellées"
Une cérémonie en hommage à Nordine, le policier de 41 ans tué lors de l'intervention à Jette dans la nuit de lundi à mardi, est prévue vendredi à 11h, probablement au Cinquantenaire, a annoncé ce mardi après-midi le chef de corps de la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles, Michel Goovaerts. L'information a été communiquée en marge de la conférence de presse consacrée à cette affaire, organisée par le procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil.
Nordine a rejoint la police en 2009 comme inspecteur. Il a patrouillé pendant une dizaine d'années avant d'intégrer la brigade anti-agression (BAA) en 2019. Extrêmement motivé à l'idée de rejoindre cette unité d'appui spécialisée, il a ainsi réalisé son rêve, a souligné le chef de corps. Michel Goovaerts a décrit un policier connu pour son engagement et son professionnalisme, très apprécié tant de sa hiérarchie que de ses collègues. Le procureur du Roi, qui l'a côtoyé, a également évoqué un homme motivé et volontaire.
"J'ai reçu l'appel que tout chef de corps ne veut pas recevoir", a expliqué Michel Goovaerts. Si les policiers savent que leur métier comporte des risques, être confronté à cette réalité reste très difficile, a-t-il témoigné. Il a présenté ses condoléances et celles de la zone à la famille de Nordine. Une cérémonie d'hommage est prévue vendredi, à laquelle les collègues seront invités. Le lieu doit encore être confirmé.
Au moment des faits, Nordine travaillait en civil et participait aux recherches d'un véhicule dérobé lors d'un carjacking. Il a été le premier à s'approcher de la voiture pour effectuer un repérage. Ses collègues l'ont retrouvé au sol, à côté du véhicule. L'autopsie a confirmé qu'il a été mortellement atteint par balle à la tête.
L'enquête doit établir les circonstances exactes des faits, a souligné Michel Goovaerts. Plusieurs personnes ont été interpellées. Le parquet de Bruxelles est saisi des faits de carjacking et de meurtre. Julien Moinil a réitéré son soutien à l'ensemble des policiers. Le procureur général près la cour d'appel de Bruxelles, Frédéric Van Leeuw, s'est associé à ses propos.
