L'incertitude demeurait dimanche soir sur les travaux budgétaires fédéraux après l'échec de la réunion de samedi. Dans un communiqué, le Premier ministre, Bart De Wever, a constaté l'absence d'accord à ce stade et annoncé qu'il ne prononcerait pas mardi le traditionnel discours sur l'état de l'union devant la Chambre. Les discussions se poursuivront dans les prochains jours.
Budget fédéral dans l’impasse : Bart De Wever reporte le discours sur l’état de l’union devant la Chambre
Le Premier ministre a reçu dimanche ses vice-Premiers ministres pour des entretiens bilatéraux. "La situation est extrêmement grave", a averti Vincent Van Peteghem (CD&V).
"On a un vrai problème", a reconnu David Clarinval (MR). Maxime Prévot (Les Engagés) a appelé chacun à faire preuve du sens des responsabilités. "La situation politique est effectivement délicate mais la situation économique et financière de notre pays est bien plus grave encore. Veillons à tous nous conduire en adulte afin d'être à la hauteur de nos responsabilités", a-t-il déclaré.
Le MR de Georges-Louis Bouchez, pointé du doigt
Depuis samedi soir, les doigts sont pointés vers le MR, en particulier son refus catégorique d'envisager la réforme de la TVA proposée par Bart De Wever, qui ferait passer le taux maximal de 21 à 22% et fusionnerait les taux de 6% et 9% en un taux unique de 12%. Cette proposition fait partie de l'un des grands blocs de mesures qui doit permettre de trouver les 10 milliards d'euros d'ici 2029 convenus avant l'été.
Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a maintenu dimanche matin sa position dans un message sur les réseaux sociaux. Il assume "d'être un problème pour ceux qui veulent faire la vieille politique" qui passerait par une augmentation de la fiscalité pour résoudre les problèmes budgétaires.
Les libéraux se voulaient clairs: le problème ne se résume pas à la TVA. Tel que présenté, le nouveau tableau budgétaire soumis par le Premier ministre à ses partenaires fait reposer l'effort sur de la fiscalité bien au-delà de la proportion d'un neuvième prévue dans l'accord de gouvernement. De trois à quatre fois plus les premières années, affirmaient-ils.
Le ministre MR David Clarinval, a chiffré à 1,2 milliard d'euros la part des 10 milliards qui pourrait reposer sur la fiscalité, ce qui est réalisable, selon lui, sans toucher à la TVA. Il s'est défendu de bloquer le jeu. "Nous sommes constructifs", a-t-il assuré.
L’attitude de Vooruit aussi mise en cause
Si la position la plus fermée semble être celle du MR, l'attitude de Vooruit est aussi mise en cause. Les socialistes se disent prêts à discuter de certaines dépenses mais en mettant de telles conditions qu'elles paralysent également les négociations, disait-on au MR.
Traditionnellement, le Premier ministre prononce le deuxième mardi d'octobre son discours de politique générale pour l'année qui vient. Mais faute d'accord budgétaire, le gouvernement devra reporter cette échéance.
Cette situation pourrait fragiliser le Premier ministre. L'an dernier, il n'avait pas non plus bouclé les travaux à temps et avait dû déjà reporter le discours sur l'état de l'union. Ce n'est que le 25 novembre qu'un accord avait été trouvé avant d'être en partie renié quelques jours plus tard. L'Arizona avait commencé l'année sous le régime des douzièmes provisoires. Cette pratique relève en général des gouvernements d'affaires courantes, alors que le gouvernement actuel est de plein exercice.
Bart De Wever exclut les douzièmes provisoires
Une perspective que refuse Bart De Wever. Il l'a clairement affirmé dans son communiqué. "Compte tenu de la gravité de la situation budgétaire et de l'évolution des marchés financiers, un scénario de douzièmes provisoires n'est pas une option. Le Premier ministre ne l'acceptera pas. À court terme, un signal clair et fort doit être envoyé afin de démontrer que notre pays poursuivra le redressement de ses finances publiques de manière crédible et durable", a-t-il averti.
Jeudi, à la Chambre, Bart De Wever a mis en garde jeudi contre l'effet boule de neige de la dette publique qui pourrait se produire à politique inchangée dès 2029, voire plus tôt encore. Or, il s'est toujours montré clair: s'il a endossé le costume du Premier ministre, c'est d'abord pour assainir les finances de l'Etat.
Pour éviter les douzièmes provisoires, les partenaires de l'Arizona doivent s'entendre d'ici une dizaine ou une quinzaine de jours. De la sorte, ils seront dans les temps pour soumettre à la Chambre un budget qui sera voté avant la fin de l'année.
