Le ministre fédéral de la Santé publique Frank Vandenbroucke (Vooruit) présente ce vendredi le nouveau Plan Cancer 2026-2036. Il prévoit notamment un meilleur soutien aux jeunes atteints d’un cancer, mais aussi le développement de centres de référence spécialisés dans les tumeurs complexes. Au total, le Plan pour les dix prochaines années englobe 34 mesures, dont la création d’une équipe nationale d’experts qui conseilleront les spécialistes.
Le nouveau plan fédéral contre le cancer prévoit un soutien accru aux jeunes et des experts qui conseillent les médecins
Chaque année, plus de 77.000 personnes en Belgique reçoivent un diagnostic de cancer, et ce nombre est appelé à augmenter encore jusqu'en 2035 au moins. "Il y a tout simplement de plus en plus de Belges (âgés)", explique le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke (Vooruit). Le gouvernement fédéral lance donc un nouveau Plan cancer qui définit la stratégie pour la prochaine décennie.
Il met l'accent sur la prévention, le dépistage précoce ainsi que sur des traitements innovants et de haute qualité. Il accorde également une attention particulière à la mutualisation de l'expertise et à la prise en charge adaptée - y compris le suivi post-traitement - pour les enfants et les jeunes. Le Plan cancer 2026-2036 s'inscrit dans le cadre de l'accord de coalition fédéral. Son annonce a été saluée par des organisations comme la Fondation contre le Cancer - d'autant plus que le plan précédent remonte à près de vingt ans.
Quatre axes stratégiques
Ce plan est composé de 34 actions structurées en 8 domaines, à savoir l'organisation des soins oncologiques, les cancers rares et complexes, les enfants, adolescents et jeunes adultes (AJA) atteints de cancer, la prévention et la promotion de la santé, le dépistage précoce et le screening, le diagnostic et le traitement, les conséquences du cancer et la qualité de vie, et enfin l'innovation axée sur les données.
Il s'articule autour de quatre axes stratégiques : l'efficience qui "vise à garantir une utilisation aussi efficace que possible des ressources de santé", l'organisation optimale des soins oncologiques "au plus près des patients", la réduction de la charge du cancer et de la morbidité liée en renforçant la prévention, la promotion de la santé et le dépistage précoce, et aussi permettre une vie de qualité avec et après le cancer.
Cancers complexes
Le Plan comprend notamment la prise en charge des cancers complexes dans des centres de référence. C'est déjà le cas pour les cancers de l'œsophage, du pancréas, et ce modèle sera étendu aux tumeurs de l'ovaire en 2027 et au cancer du poumon en 2028.
La mise en place d'un "Molecular Tumour Board" national pour les cas oncologiques complexes est aussi prévu. Il s'agit d'un panel national d'experts qui aidera les médecins traitants à interpréter les données moléculaires complexes et à prendre des décisions thérapeutiques difficiles.
Pour le cancer du poumon, le Plan prévoit aussi d'étudier la faisabilité d'un dépistage fondé sur les risques en Belgique. Sur la base des enseignements tirés du cancer du poumon, il est prévu d'examiner ultérieurement si une approche similaire est pertinente pour d'autres cancers.
Contre le cancer de la peau, le Plan prévoit d'examiner le respect des règles existantes relatives aux bancs solaires et les possibilités de renforcement de la réglementation et de son application, en accordant une attention particulière à l'utilisation et la publicité des bancs solaires (UV artificiels).
L'après-cancer
Le Plan contient aussi un volet "retour au travail", avec le renforcement des ponts entre l'hôpital (coordinateurs de trajet) et les initiatives sociétales existantes, telles que le trajet "Retour au Travail" via les mutualités et les acteurs régionaux.
De nombreuses actions seront déjà mises en œuvre dès la législature en cours, indique le ministre Frank Vandenbroucke. Le nouveau Plan cancer 2026-36 est le fruit d'une étroite collaboration institutionnelle entre l'Institut national d’assurance maladie-invalidité (Inami), le ministère de la Santé publique, l’institut national de santé publique Sciensano et le Centre Fédéral d'Expertise des Soins de Santé (KCE).
