Le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer (PS), a décidé d'interdire dès ce jeudi 06h00, sauf exceptions, les rassemblements de plus de trois personnes sur le territoire de la commune. La police a fait état de plus de 50 arrestations administratives et judiciaires mercredi, après de nouvelles émeutes dans le centre-ville. Plusieurs policiers ont été blessés.
Rassemblements de plus de trois personnes interdits : Liège durcit le ton après l’escalade des manifestations étudiantes
L'interdiction concerne la voie publique et les lieux publics jusqu'au 16 octobre à 23h59, sauf abrogation anticipée ou prolongation. Des exceptions sont prévues, notamment pour les membres d'un même ménage, les mineurs accompagnés d'un adulte responsable, les manifestations préalablement autorisées, les activités professionnelles et les déplacements directs vers les écoles, les commerces ou les établissements horeca.
Selon la police, de nouveaux incidents graves ont éclaté dans le centre-ville mercredi après-midi. Plusieurs commerces ont été pris pour cible. Des vitrines ont été brisées, plusieurs incendies allumés et un véhicule incendié. Les policiers ont essuyé des jets de pierres, de pavés et de mortiers d'artifice.
Face aux violences et à la mobilité des groupes, réunissant plusieurs centaines de personnes, la Ville a diffusé un message BE-Alert invitant les commerçants à fermer leurs établissements. La gare des Guillemins a été temporairement fermée et la circulation du tram totalement interrompue dans l'hypercentre.
Des renforts policiers seront déployés à Liège
Des renforts de la police fédérale et des zones de Bruxelles et d'Anvers ont été mobilisés. À 21h30, une opération de confinement de casseurs était toujours en cours, a indiqué la police de Liège.
"Face à des faits d'une extrême gravité, des unités fédérales sont déjà mobilisées aux côtés de la police liégeoise, avec l'appui des polices locales de Bruxelles et d'Anvers, pour assurer le maintien de l'ordre", a réagi le ministre de l'Intérieur, Bernard Quintin (MR). Ce dernier a annoncé de nouveaux renforts dans les jours qui viennent. "Les auteurs identifiés devront répondre de leurs actes devant la justice", a-t-il poursuivi.
Bernard Quintin pointe du doigt le mouvement antifa
Le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin (MR) a assisté au briefing des forces de police, accompagné de Willy Demeyer, bourgmestre de Liège, jeudi matin. Pour le ministre, la "situation est inacceptable".
"On a le droit de ne pas être d'accord, mais on n'a en aucun cas le droit de tout casser et de s'en prendre aux personnes", a souligné le minstre libéral.
"L'ordre et la tranquillité seront rétablis. Tous les moyens nécessaires, la police fédérale et les zones de police locales notamment, seront mobilisés. Il y a une responsabilité des parents, des écoles, mais aussi du mouvement antifa. En semaine, l'école reste obligatoire. Des adultes parviennent à manipuler des enfants", a-t-il ajouté.
"Depuis le 1er octobre, on assiste à une augmentation continue de la violence, mais aussi à une augmentation du nombre de casseurs. Ces derniers jours, ce sont des profils qui n'ont plus rien à voir avec des élèves. Globalement, nous n'avons pas remarqué de manifestants étrangers à la Ville de Liège de manière massive", a ajouté Jean-Marc Demelenne, le chef de corps de la police de Liège.

