Les actions étudiantes se poursuivent mardi après-midi à Liège. Un large cortège a démarré de la place Saint-Lambert, puis s'est rendu devant différentes écoles secondaires.
Contestation dans l’enseignement francophone : la situation se tend à Liège
Devant l'athénée royal de Liège 1, un groupe a cassé plusieurs vitres et incendié une poubelle, avant l'arrivée de la police casquée et de l'autopompe.
Le cortège s'est séparé en plusieurs endroits, pour se rassembler aux Guillemins, au pont de Fragnée et place Saint-Lambert de nouveau, en début d'après-midi. Les galeries Saint-Lambert, sur la place du même nom, et plusieurs commerces ont fermé leur portes.
De nombreux pétards et feux d'artifice ont été lancés. La circulation est fortement impactée dans le centre de la métropole à la suite de ces protestations.
"On aime nos enseignants", "Derrière chaque élève, il y a un rêve" : devant l'athénée communal Léonie de Waha, à Liège, une centaine de jeunes étaient rassemblés mardi matin, bloquant l'accès à l'école. À Waha comme à l'Athénée royal Paul Brusson, à Montegnée, les élèves interrogés par Belga défendent une mobilisation pacifique, soutenue par des enseignants, pour faire entendre leurs inquiétudes sur l'avenir de l'enseignement.
À Waha, plusieurs pancartes visent la ministre de l'Éducation, Valérie Glatigny : "Le monstre de mes cauchemars, c'est Glatigny" ou encore "Sois jeune et tais-toi", accompagnées d'une photo de la ministre. "Glatigny, t'es foutue, la jeunesse est dans la rue", scandent les élèves au mégaphone. Des membres du corps professoral et le directeur observent le rassemblement à distance et soutiennent la mobilisation.
L'organisation repose sur des groupes de discussion par année. Des représentants échangent avec la direction et relaient les informations aux autres élèves, expliquent Auguste, en cinquième secondaire, et un étudiant de rhétorique souhaitant rester anonyme.
Un relais des mobilisations des enseignants
Ils évoquent le coût des études supérieures et des abonnements de bus, mais aussi le manque de place dans certaines classes, les journées de cours chargées et les difficultés à obtenir du matériel. Ils expriment le sentiment que leurs inquiétudes pour l'avenir et leur mobilisation sont peu entendues. "C'est nous les voix de demain, les travailleurs de demain", souligne l'un d'eux.
Les élèves présentent leur engagement comme un relais des mobilisations enseignantes: "La plupart des professeurs nous soutiennent et sont fiers de nous. On a repris le flambeau, parce qu'ils ont tellement donné l'année dernière. Eux, ils ont tout à perdre, nous non. Les profs ne sont pas tout seuls". Un enseignant de Waha confirme son soutien au mouvement, se dit fier des élèves et salue le déroulement calme de leurs actions.
À Montegnée, les rhétoriciens prennent leurs décisions collectivement, expliquent Nathan Osmonde et Aleyna Celik, deux étudiants. Un compte Instagram permet de transmettre les horaires et les consignes aux autres élèves, en insistant sur le caractère pacifique du mouvement. Lorsque des risques de comportements violents sont identifiés, les élèves disent en informer les professeurs afin qu'ils puissent les encadrer.
"Nous n'avons pas besoin de la force pour obtenir quelque chose", affirme Nathan. Il évoque les difficultés que représenterait un minerval de 1.200 euros pour sa famille: sa mère, enseignante, élève seule ses deux enfants. Il estime également que les deux heures de cours supplémentaires demandées aux enseignants affecteront les élèves, en accentuant la fatigue de leurs professeurs. Il cite une classe de physique comptant 32 élèves.
Une enseignante d'anglais et de néerlandais de l'établissement décrit un blocage organisé dès 6h30, empêchant l'accès des professeurs. Elle souligne le caractère pacifique de l'action et se dit fière de l'organisation et de l'entraide des élèves. Le soutien n'est toutefois pas unanime: Nathan rapporte des tensions avec certains enseignants souhaitant accéder à l'école.
