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Les lérots remis dans la nature ont été pucés auparavant.

Le zoo de Planckendael réintroduit dans la nature une trentaine de lérots, une espèce de rongeurs menacée en Flandre

Le zoo de Planckendael et la Royal Antwerp ZOO Foundation ont relaché pour la première fois dans la nature 28 lérots, un petit rongeur menacé de disparition. L'opération - annoncée ce 2 octobre - représente la première étape d'un projet mené avec l'Agence flamande de la Nature et des Forêts (Agentschap voor Natuur en Bos) pour protéger et réintroduire l'espèce en Flandre.

Anne François Belga
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Avant d'être relâchés, les animaux ont été élevés au sein du parc animalier anversois où ils ont fait l'objet d'un suivi vétérinaire et d'analyses génétiques. Ce premier groupe de lérots a été réintroduit avant la période d'hibernation afin de permettre aux rongeurs nocturnes de s'installer dans leur nouvel environnement naturel.

Pour faciliter cette transition, les 28 lérots ont été transférés dans la forêt directement avec les nichoirs qu'ils occupaient au zoo. Ils sont par ailleurs équipés d'une puce électronique individuelle permettant aux équipes d'identifier les spécimens et de suivre leur adaptation sur le terrain.

Une première, dans des lieux secrets

Les lérots ont été relâchés la semaine dernière à différents endroits des provinces d'Anvers et du Brabant flamand. Les lieux précis sont volontairement maintenus secrets afin d'éviter que le public ne parte à la recherche des rongeurs et pour garantir leur tranquillité. C'est la première fois qu'une telle opération est menée.

"Elle est cruciale, car la population de lérots est en chute libre", explique Ben Van Dyck, coordinateur des soins aux animaux au zoo de Planckendael. "Nous collaborons avec des partenaires, comme l'Agence pour la nature et les forêts, pour tenter de sauver cette espèce menacée. Leur habitat est fragmenté, il existe plusieurs petites populations isolées, et nous cherchons à améliorer la connectivité entre elles. De plus, leur espérance de vie n'est que de trois ans environ."

Ben Van Dyck, coordinateur des soins aux animaux (deuxième en partant de la gauche), était présent lors du lâcher des rongeurs.

La population de lérots diminue en Flandre

D’année en année, le nombre de lérots diminue en Flandre, principalement en raison de la disparition et la fragmentation de son habitat. "Pour un lérot, la disparition d'une simple portion de haie peut suffire à rompre la connexion entre deux habitats", explique Hans Vermeiren, écologiste au sein de l'organisation CORRIDOR.

"Des études de terrain ont montré que les lérots utilisent le dessous des ponts pour passer d'une rive à l'autre. C'est pourquoi nous créons une sorte d'"autoroute" pour eux, afin de faciliter leurs déplacements entre les différents sites", précise Ben Van Dyck.

Des nichoirs ont été installés sur les sites de lâcher. "Nous avons créé une sorte d'hôtel pour eux", explique l'équipe de Planckendael. "Des plateformes de nourrissage garnies de friandises y sont installées. Des lasers placés sous ces plateformes nous permettent de suivre les déplacements de chaque individu et de voir si les femelles ont déjà formé des clans."

Les premiers résultats semblent prometteurs. "Ils montrent que les lérots relâchés ont déjà formé des clans dans la nature. Nous constatons que 70 à 80 % d'entre eux reviennent régulièrement aux plateformes de nourrissage."

Une survie à long terme ?

Reste toutefois à voir si les animaux parviendront à survivre à l'hiver. Actifs la nuit, les petits rongeurs se nourrissent notamment d'insectes, participent à la dissémination des graines et servent de proie à d'autres animaux. "Ils entreront en hibernation dans quelques semaines. Ils appartiennent à la famille des loirs et dorment près de la moitié de l'année", indique Ben Van Dyck.

"Relâcher un seul groupe de lérots ne suffira évidemment pas", souligne le coordinateur des soins animaliers au zoo de Planckendael. "À long terme, nous voulons contribuer au développement de populations viables, capables de se maintenir par elles-mêmes, afin que le lérot ne disparaisse pas de Flandre. Nous reprendrons leur élevage au printemps, en février ou en mars. Il est prévu de relâcher d'autres individus à deux ou trois reprises l'année prochaine", conclut Van Dyck.

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