De plus en plus de Flamands boivent peu ou pas d’alcool du tout. Ils représentent désormais 44 % des adultes en Flandre, contre 36 % il y a quatre ans. C’est ce qui ressort d’une enquête menée auprès de 2 292 Flamands à la demande de Kom op tegen Kanker. L’association qui lutte contre le cancer publie ces résultats à l’occasion du lancement de "Sober October", (Octobre sobre) une initiative qui invite à ne pas boire d’alcool pendant tout le mois d’octobre.
De plus en plus de Flamands boivent peu ou pas d’alcool : "un changement de société est en cours"
Une enquête menée auprès de 2 292 Flamands majeurs à la demande de l'association flamande Kom op tegen Kanker montre que 18 % des Flamands ne boivent jamais d’alcool. Vingt-six pour cent déclarent en boire presque jamais. Au total, 44 % affirment donc boire rarement ou jamais.
Lors d’une enquête similaire menée en 2022, cette proportion n’était encore que de 36 % (14 % ne buvaient jamais et 22 % presque jamais). "Il devient de plus en plus normal de boire moins d’alcool", explique Ward Rommel, responsable du service Études et politique de Kom op tegen Kanker.
"Les connaissances des Flamands sur les risques liés à l’alcool s’améliorent également. C’est un signal encourageant au début de Sober October." Il s’agit à l’origine d’une initiative britannique dans le cadre de laquelle les participants se lancent le défi de ne pas boire d’alcool pendant un mois. L’initiative est désormais organisée dans plusieurs pays.
Certains mythes moins répandus
Certains mythes sur l’alcool sont également de moins en moins répandus. En 2022, 45 % des Flamands pensaient encore, à tort, qu’une consommation modérée était bénéfique pour le cœur et les vaisseaux sanguins. Ils ne sont plus que 36 % aujourd’hui à le penser.
L’idée selon laquelle un verre d’alcool par jour serait sans danger perd elle aussi du terrain. Elle est encore partagée par 34 % des personnes interrogées, contre près de la moitié en 2022.
Le lien avec le cancer encore méconnu
Neuf personnes sur dix savent que l’alcool augmente le risque de maladies du foie et sept sur dix qu’il peut entraîner des lésions cérébrales.
En revanche, le lien avec le cancer reste largement sous-estimé. La moitié des personnes interrogées ignorent que l’alcool augmente le risque de cancer colorectal. Et pas moins de 75 % ne savent pas que c’est également le cas pour le cancer du sein.
"Il y a clairement un manque de connaissances sur le lien entre l’alcool et le cancer. Il est important que chacun ait accès à des informations de santé correctes", souligne Ward Rommel. "La consommation d’alcool comporte des risques, y compris lorsqu’elle est faible ou modérée."
L’âge minimum pourrait être relevé
L’étude s’intéresse également à l’attitude des Flamands à l’égard de différentes mesures politiques. Vingt-neuf pour cent des personnes interrogées estiment qu’un durcissement de la réglementation serait un bon moyen d’encourager une consommation plus responsable d’alcool. En 2022, elles étaient 25 % à le penser.
C’est surtout le soutien à un relèvement de l’âge minimum qui progresse. Ainsi, 60 % estiment que l’âge minimum devrait être fixé à 18 ans au moins pour toutes les boissons alcoolisées, contre 55 % en 2022.
Actuellement, l’âge minimum est fixé à 16 ans en Belgique pour la bière et le vin, et à 18 ans pour toutes les autres boissons alcoolisées.
Moins de pression sociale
La pression sociale semble également diminuer. Près de 6 personnes interrogées sur 10 (58 %) déclarent ne plus ressentir, ou ressentir à peine, le besoin de se justifier lorsqu’elles ne boivent pas d’alcool. Vingt-cinq pour cent ressentent encore ce besoin, contre 31 % en 2022.
Les alternatives sans alcool sont désormais bien implantées : 59 % des personnes interrogées ont déjà bu de la bière sans alcool et 32 % du vin sans alcool. "Nous ne pouvons pas comparer ces chiffres avec ceux de 2022, car ces questions ont été posées pour la première fois cette année", précise Ward Rommel.
