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Trente ans après les premières mises en garde, le cancer de la plèvre lié à l’amiante est enfin en recul en Flandre

Le nombre de nouveaux cas de mésothéliome lié à l’amiante diminue depuis plusieurs années en Flandre. Pour la première fois, cette tendance se confirme clairement dans les chiffres, révèle une nouvelle étude du Département flamand des Soins. Le nombre de décès est également en recul. La baisse la plus marquée est observée dans les régions où des entreprises de traitement de l’amiante étaient autrefois implantées.

Eric Steffens
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Le mésothéliome est un cancer rare mais grave des membranes qui entourent principalement les poumons.

"Il s’agit en fait d’un cancer de la plèvre", explique Jan Lamont, oncologue spécialisé dans les maladies respiratoires à l’AZ Maria Middelares de Gand.

"Selon la littérature scientifique, ce cancer est uniquement causé par l’amiante. Il existe probablement d’autres facteurs, mais ils ne sont pas connus." "La maladie apparaît en moyenne 30 à 40 ans après l’exposition", précise Jan Lamont.  C’est pourquoi le mésothéliome constitue un indicateur important pour suivre les effets de l’amiante sur la population.

Chez les hommes, le nombre de nouveaux diagnostics de mésothéliome et de décès a atteint un pic entre 2010 et 2015. Depuis, les chiffres sont en baisse.

Ci-dessous : Mortalité standardisée et nouveaux cas de mésothéliome en Région flamande - Nombre de cas pour 100.000 habitants

Une évolution similaire chez les femmes

Une évolution comparable est également observée chez les femmes, même si la maladie est beaucoup moins fréquente chez elles. En moyenne, le mésothéliome touche environ six fois plus d’hommes que de femmes.

La maladie touche principalement des hommes qui ont été exposés pendant de nombreuses années à de grandes quantités d’amiante dans le cadre de leur travail.

L’impact de l’interdiction de l’amiante

Le Dr Jan Lamont n’observe pas encore cette baisse du cancer de la plèvre dans sa pratique, mais il n’en est pas surpris : "Nous savons depuis au moins 30 ans que l’amiante est très nocif. On pouvait donc s’attendre à ce que les chiffres commencent progressivement à baisser."

Joris Moonens, porte-parole du Département flamand des Soins, fait le même constat : "À partir de la fin des années 1970, l’importation et l’utilisation de l’amiante dans l’industrie ont progressivement diminué. Nous voyons maintenant pour la première fois cette évolution se traduire par une baisse du nombre de diagnostics de mésothéliome."

L’interdiction de l’amiante en Belgique n’est toutefois entrée en vigueur qu’en 2001.

"Il faudra attendre pour mesurer l’impact de cette interdiction. Dans les années à venir, des personnes continueront donc à être diagnostiquées avec ce cancer lié à l’amiante, après y avoir été exposées dans le passé", explique Joris Moonens.

Les régions marquées par l’amiante

L’étude s’intéresse également aux régions où l’industrie de transformation de l’amiante était autrefois implantée et où vivaient de nombreux travailleurs. Dans ces régions, le nombre de cas de mésothéliome diminue même plus rapidement que dans l’ensemble de la Flandre. Le nombre de nouveaux diagnostics comme celui des décès est en baisse ces dernières années.

Ci-dessous : Mortalité standardisée et nouveaux cas de mésothéliome dans les anciennes régions liées à l’amiante - Nombre de cas pour 100.000 habitants

L’impact du passé industriel lié à l’amiante y reste toutefois plus important. Entre 2004 et 2023, le nombre de diagnostics et de décès dus au mésothéliome pour 100.000 habitants était encore deux fois plus élevé dans ces régions qu’ailleurs, tant chez les hommes que chez les femmes.

Encore 200 cas par an

L’amiante continue donc de faire des victimes. "Chaque année, environ 200 personnes sont encore diagnostiquées avec ce type de cancer", indique Joris Moonens.

"Les chances de survie s’améliorent grâce aux nouveaux traitements, mais elles restent encore faibles", poursuit Jan Lamont. "Nous ne pouvons pas guérir les patients. Autrefois, sans traitement, l’espérance de survie était inférieure à un an. Aujourd’hui, elle est nettement plus longue."

"Et le mésothéliome n’est certainement pas le seul type de cancer provoqué par l’amiante", souligne Joris Moonens.

L’amiante est encore présent en de nombreux endroits en Flandre. Selon l’OVAM, environ 3,2 millions de tonnes de matériaux contenant de l’amiante sont présents dans et autour des bâtiments et infrastructures construits avant 2001. "Il reste essentiel de manipuler l’amiante avec la plus grande prudence", souligne Joris Moonens.

"Le gouvernement flamand veut parvenir d’ici 2040 à une Flandre aussi sûre que possible face à l’amiante et introduire un certificat amiante. Ce sont autant de mesures importantes pour continuer à réduire l’exposition à l’amiante, car nous resterons confrontés aux effets de l’amiante sur la santé pendant encore longtemps", conclut Joris Moonens.

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