Le service public flamand de radiotélévision devra réduire ses dépenses de 10 millions d'euros supplémentaires dans les années à venir. C’est ce qu’annonce un communiqué de la ministre flamande des Médias, Cieltje Van Achter (N-VA), alors que le gouvernement flamand vient de se mettre d’accord sur le budget 2027. En contrepartie, le diffuseur sera autorisé à développer une option d'abonnement payant en complément de l'offre de base gratuite sur sa plateforme VRT MAX. La VRT exprime de vives inquiétudes quant à l'ampleur et à la faisabilité des nouvelles coupes budgétaires qui lui seront imposées.
La VRT doit économiser 10 millions d'euros supplémentaires : plus de contrats d'exclusivité, mais l'offre sur VRT MAX peut devenir en partie payante
La VRT n'est pas épargnée par le vaste plan de réduction des coûts sur lequel vient de s’accorder le gouvernement flamand. Le diffuseur public devra en effet réaliser de nouvelles économies dans les années à venir et fonctionner avec un budget réduit de 3,4 millions d'euros l'an prochain.
D'ici 2029, les économies exigées du service public flamand atteindront 7 millions d'euros. De plus, les fonds de fonctionnement ne seront pas indexés sur l'inflation. Ces nouvelles coupes viendront s'ajouter aux 16,6 millions d'euros d'économies que la VRT devait déjà réaliser entre 2026 et 2031.
"Des choix clairs en matière de contenu"
"Le paysage médiatique évolue rapidement et la VRT doit s'adapter à ces changements", déclare la ministre des Médias, Cieltje Van Achter (photo). Elle reconnaît que le diffuseur a "déjà consenti d'importants efforts financiers et accompli une transformation numérique majeure" ces dernières années. "Il s'agit une nouvelle fois d'un exercice difficile qui exigera de la VRT des choix plus tranchés", a ajouté la ministre.
Concrètement, elle demande à la radiotélévision publique de privilégier des programmes flamands solides, de cesser d'accorder des contrats d'exclusivité à certains présentateurs connus, de faire preuve d'une plus grande prudence lors des enchères pour les droits élevés de diffusion sportive et de collaborer davantage avec d'autres chaînes.
"Avant tout, la VRT doit exceller dans ce que l'on attend d'un diffuseur public : un journalisme fiable, des productions flamandes de qualité et une couverture de la culture, de l'éducation et du sport moins susceptible d'être assurée par les diffuseurs commerciaux", souligne Cieltje Van Achter.
"L'équilibre entre mission et ressources foncièrement compromis"
Dans un communiqué, la VRT a réagi en exprimant de vives inquiétudes quant à l'ampleur et à la faisabilité de cette nouvelle vague de réductions budgétaires qui lui sont imposées par le gouvernement flamand. "Fin 2025, la VRT a achevé un plan de transformation majeur impliquant des économies structurelles de 25 millions d'euros", a souligné Yasmine Van der Borght, porte-parole de la VRT. "À cela s'ajoute un plan de réduction des coûts supplémentaire de 16,6 millions d'euros, qui est déjà en cours. Désormais, une coupe additionnelle de près de 10 millions d'euros d'ici 2029 vient s'y greffer. Cette succession de réductions budgétaires frappe la VRT de plein fouet."
Par ailleurs, souligne la VRT, le gouvernement flamand revient ainsi sur des accords conclus précédemment. "Cela compromet gravement l'équilibre entre les missions que la VRT doit remplir et les ressources qui lui sont allouées pour y parvenir."
"Cette situation soulève des questions fondamentales quant à la faisabilité de l'actuel contrat de gestion et à la marge de manœuvre dont dispose encore la VRT pour continuer à honorer pleinement sa mission de service public. L'enjeu est d'autant plus important dans un paysage médiatique marqué par la montée de la désinformation, une pression sur les investissements dans les contenus locaux et la domination croissante des géants technologiques internationaux."
Une offre payante sur VRT MAX ?
Pour compenser les réductions budgétaires, la VRT est autorisée à étudier la faisabilité de "modèles d'abonnement adaptés au public flamand". La VRT reçoit donc la possibilité de développer "une option payante ou d'autres formes de modèles de distribution à plusieurs niveaux" en complément de sa plateforme de streaming gratuite, VRT MAX. Cette option est introduite à la demande même de la VRT.
Toutefois, l'offre de base sur VRT MAX doit rester "gratuite, généraliste et universellement accessible", ce qui signifie que les programmes de la VRT ne peuvent pas être placés exclusivement derrière un accès payant.
"Nous devons entreprendre cette démarche non seulement parce que le contexte budgétaire nous impose de faire des choix clairs, mais surtout parce que la VRT et l'ensemble du secteur médiatique flamand se trouvent à un tournant décisif", déclare la ministre flamande des Médias. "La manière dont les gens regardent, paient pour et consomment les médias est en train de changer fondamentalement. On ne peut donc simplement continuer à travailler avec des formules du passé", conclut Cieltje Van Achter.
La VRT va analyser plus en détail les décisions prises par le gouvernement flamand et leurs impacts. Elle se concertera ensuite avec l'exécutif régional pour faire éventuellement un avenant au contrat de gestion, précise la porte-parole.
Quant au front commun syndical du service public audiovisuel, il partage les inquiétudes de la direction. Les syndicats chrétien, libre et socialiste se concerteront ce jeudi pour établir leur plan d'actions. En colère, ils estiment que le gouvernement "prouve qu'il n'est pas un partenaire sérieux du service public" et que ses mesures "rendent impossible" le fonctionnement de la VRT.
