La Ville de Bruxelles veut durcir les règles applicables aux commerces autour de la Grand-Place afin de diversifier davantage l’offre commerciale. Le nombre de magasins de souvenirs sera ainsi limité à 20. Le nombre de cafés et de restaurants sera également plafonné : dans la plupart des rues, au maximum un commerce sur trois pourra désormais être un établissement horeca.
La Ville de Bruxelles veut limiter les magasins de souvenirs autour de la Grand-Place
Des chaussettes à l’effigie du Manneken-Pis. Des casquettes ornées de l’Atomium. Des magnets, des porte-clés, des cartes postales… Autour de la Grand-Place, il ne faut pas chercher bien loin pour trouver des souvenirs. On y compte une quarantaine de magasins de souvenirs. Trop, selon le collège des bourgmestre et échevins de la Ville de Bruxelles.
Le collège travaille actuellement à l’adoption du Plan Particulier d'Affectation du Sol (PPAS) "Grand-Place et environs", qui prévoit notamment de limiter le nombre de magasins de souvenirs. La Dernière Heure a révélé ces projets, confirmés à BRUZZ par le cabinet de l’échevine bruxelloise de l’Urbanisme, Anaïs Maes (Vooruit).
L’une des mesures proposées consiste à limiter le nombre de magasins de souvenirs à une vingtaine. Ils sont actuellement environ deux fois plus nombreux, soit une quarantaine. Cette réduction obligatoire se fera progressivement : les magasins de souvenirs existants qui disposent d’une autorisation pourront rester ouverts, mais lorsqu’ils fermeront, ils devront être remplacés par un autre type de commerce.
Refuser les nouvelles demandes
Dans les rues autour de la Grand-Place, la Ville de Bruxelles souhaite également limiter le nombre de cafés et de restaurants : à l’avenir, ceux-ci ne pourront représenter qu’un tiers au maximum des commerces. Une exception pourra être prévue pour les rues qui accueillent exclusivement des établissements horeca. Là encore, les cafés et restaurants existants ne devront pas fermer. En revanche, la Ville pourra refuser une nouvelle demande d’autorisation si une rue ou une zone compte déjà trop d’établissements horeca.
La Ville veut par ailleurs préserver la fonction résidentielle dans les environs de la Grand-Place : maximum 20 % de la surface de plancher disponible pourra être consacrée à l’hébergement touristique, comme les hôtels ou autres logements touristiques.
Enfin, la Ville souhaite rendre la Grand-Place et ses environs plus résistants aux effets du changement climatique. L’un des objectifs est de réduire fortement la quantité de béton, d’asphalte et autres surfaces imperméables : leur part devrait passer de 94 % de la superficie à 75 %.
Les magasins de nuit ont déjà fait l’objet de restrictions
Le débat sur la diversification de l’offre commerciale autour de la Grand-Place ne date pas d’hier. Dès 2013, les magasins de nuit avaient fait l’objet de restrictions, mais la forte concentration de magasins de souvenirs et de snacks est restée problématique. Sofie Rombouts, qui a fermé en 2024 les portes de sa papeterie Mofelito Paperito en plein cœur du centre-ville, avait notamment témoigné à ce sujet.
La Ville reconnaît ces problèmes depuis longtemps, mais ne voulait pas agir dans la précipitation, explique Anaïs Maes. "Il est important d’avoir une vision claire de l’avenir de notre centre historique, explique-t-elle. Cela nous permet de protéger notre patrimoine tout en garantissant la qualité de vie et l’attractivité de cette zone."
Les projets sont préparés en coulisses depuis plusieurs années. "Dès 2021, un bureau d’études a été désigné", explique le cabinet d’Anaïs Maes. Près de cinq ans se sont ensuite écoulés avant que les plans puissent être soumis à enquête publique, car des autorisations devaient être obtenues à différents niveaux. "Il s’agit d’un cadre réglementaire, plusieurs étapes doivent donc être approuvées par les autorités régionales."
Le Plan Particulier d'Affectation du Sol (PPAS) n’est d’ailleurs toujours pas définitif : il sera soumis à une enquête publique. Les personnes qui le souhaitent pourront faire part de leurs remarques sur les projets durant cette phase. À partir du début du mois de novembre, la Ville organisera également des réunions avec les riverains concernés.
