La presse flamande se montrait très critique mardi matin envers la méthode de négociation nocturne utilisée par le gouvernement flamand pour élaborer son budget et le report à mercredi de la déclaration de septembre du ministre président Matthias Diependaele (N-VA). Ce dernier a décidé de convoquer un conseil des ministres ce mardi à 15h00 pour finaliser l'accord sur le budget.
Budget flamand : les éditorialistes critiquent la méthode des négociations nocturnes
En raison de deux malaises -celui de la vice-ministre-présidente Hilde Crevtis (CD&V) et celui d'un chef de cabinet de Vooruit- ces discussions ont dû être suspendues, provoquant le report de la traditionnelle Déclaration de septembre à mercredi.
Dans De Tijd, Bart Haeck s'interroge sur la pertinence de ces marathons budgétaires. "Le gouvernement flamand connaissait l'ampleur de cette mission budgétaire depuis avant l'été déjà", rappelle-t-il. Pour lui, l'exécutif flamand peut être comparé à un étudiant qui a négligé de se préparer à temps pour ses examens et doit faire une nuit blanche pour y arriver.
Bart Brinckman (De Standaard) ne voit, lui, dans cet exercice qu'un "théâtre" destiné à convaincre la population que les partis se battent pour imposer leurs visions. "Il y a indéniablement un côté macho" à cette pratique, écrit-il. Mais "on peut se demander si la fatigue n'altère pas trop la capacité de réflexion".
Dans Het Laatste Nieuws, Isolde Van den Eynde fusille un système que les citoyens assimilent désormais à de la "mauvaise gouvernance". A ses yeux, le fait qu'une date butoir soit nécessaire pour faire des économies est un "véritable scandale", alors que le budget pourrait être raisonnablement élaboré durant l'année.
Pour Bart Eeckhout (De Morgen), l'idée que les négociations de nuit soient inévitables pour boucler un budget relève tout simplement du "non-sens". "Il n'y a aucune raison pour qu'un assainissement de deux milliards d'euros soit une tâche impossible pour la Région flamande", selon lui.
Dans ce même esprit, Hannes Heynderickx (Het Nieuwsblad) se dit profondément choqué par un "marchandage sans vision" Pour lui, le conclave budgétaire est devenu le "point culminant annuel du comportement macho". Dans Het Belang van Limburg, Liliana Casagrande fustige aussi les selfies publiés à six heures du matin par les responsables politiques. Elle y voit la démonstration d'une gestion "irresponsable et chaotique" d'un budget qui pèse tout de même 68 milliards d'euros.
Enfin, pour Greg Van Roosbroeck, dans la Gazet van Antwerpen, ces méthodes éreintantes n'ont in fine pour effet que de produire des décisions floues. Et l'éditorialiste de s'inquiéter d'ores et déjà pour les futures négociations budgétaires fédérales, où dix milliards d'euros doivent là être trouvés...

