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La nouvelle piscine De Watermolen à Sint-Niklaas (Sportoase)

Plus de 50 piscines publiques ont fermé en Flandre en 20 ans : les coûts explosent et les nouvelles constructions se font attendre

En Flandre, 54 piscines publiques couvertes ont fermé en l’espace de 20 ans. Les communes estiment souvent que l’exploitation d’une piscine est devenue trop coûteuse. Résultat : les habitants doivent parcourir de plus longues distances qu’auparavant pour trouver une piscine. Le gouvernement flamand accorde des subventions pour la construction de nouvelles piscines, mais à ce jour, seules quatre communes ont répondu à l’appel.

Helena De Bouver Eric Steffens
Publié:

La Flandre compte actuellement quelque 140 piscines publiques couvertes. Quatre communes sur dix disposent de leur propre piscine. Beaucoup de ces infrastructures ont été construites dans les années 1960 et 1970. Il y a une vingtaine d’années, une grande partie d’entre elles ont donc commencé à être vieillissantes et vétustes. Les pouvoirs locaux ont alors dû décider s’ils souhaitaient encore investir dans la construction d’une nouvelle piscine.

De nombreuses villes et communes ont finalement choisi de fermer leur piscine. Elles estimaient que les rénovations coûtaient trop cher et que les frais d’exploitation étaient devenus trop élevés.

Une facture énergétique de 278.000 euros

Ces coûts sont effectivement importants. La commune d’Aalter prévoit ainsi cette année une facture énergétique de 278 000 euros pour sa piscine et plusieurs salles de sport. Les frais de personnel chargé du nettoyage s’élèvent à 185 000 euros. L’eau coûte encore 28 000 euros.

Une nouvelle piscine devrait prochainement permettre de réduire la facture énergétique. Mais avant cela, la commune doit évidemment investir une somme importante dans la construction de cette infrastructure plus économe en énergie. "Pour garantir une bonne hygiène, nous devons également renouveler 60 litres d’eau par nageu"r", explique l’échevin des Sports Kristof De Blaere (CD&V/DU). "Exploiter une piscine coûte tout simplement très cher."

Quelles communes investissent encore dans de nouvelles piscines ?

Alost a également choisi de construire une nouvelle piscine, avec notamment un bassin de 50 mètres. Mais là aussi, les coûts sont élevés.

"L’an dernier, nous avons payé 260 000 euros pour la facture énergétique", explique l’échevin des Sports Matthias De Ridder (N-VA). "Nous avons également payé 108 000 euros pour l’eau. Ce sont des montants importants que tous les pouvoirs locaux ne sont plus disposés à assumer."

Les cours de natation menacés par la fermeture des piscines

La diminution du nombre de piscines n’est pas sans conséquences. Dans certaines régions, les personnes qui souhaitent nager doivent parcourir de plus longues distances qu’auparavant. C’est également un problème pour les écoles, qui sont soumises à un plafond pour les frais scolaires.

Un trajet en bus plus long et donc plus coûteux fait rapidement grimper la facture, au point que certaines écoles vont moins souvent à la piscine. Les enfants ont donc moins de possibilités d’apprendre à nager.

Le "décret piscines"

C’est dans ce contexte que le Parlement flamand a adopté en 2025 le "décret piscines". Celui-ci prévoit une subvention pour 40 projets, à hauteur de 150 000 euros par an pendant 30 ans, afin de construire de nouvelles piscines. Les communes qui procèdent à une rénovation complète de leur piscine peuvent également bénéficier de cette aide.

Le gouvernement flamand espère ainsi encourager les villes et communes, mais aussi les exploitants comme Lago ou Sportoase, à investir dans de nouvelles infrastructures de natation.

Sportoase est l'un des principaux gestionnaires de complexes médico-sportifs et de centres aquatiques en Belgique, exploitant plus de 20 centres à travers le pays Quant au groupe LAGO, il gère de nombreux parcs aquatiques et piscines subtropicales en Belgique.  

Seulement quatre demandes

Mais cette subvention pour les piscines ne semble pour l’instant pas rencontrer beaucoup de succès. Après un an et demi, seules quatre demandes ont été introduites, à Zaventem, Puurs-Sint-Amands, Bree et Furnes.

La future piscine de Zaventem du groupe LAGO

À Zaventem, la commune s’est associée au groupe Lago. La piscine fera partie d’un complexe sportif plus vaste, qui devrait être achevé dans quelques années. À Puurs-Sint-Amands, la nouvelle piscine Aquapassion ouvrira ses portes dans exactement un an. Il s’agit d’une initiative privée soutenue par la commune et Sport Vlaanderen.

"Les pouvoirs locaux ont besoin de temps"

Seules quatre demandes de subventions après plus d’un an : le dispositif semble pour l’instant avoir du mal à séduire. "Les pouvoirs locaux ont besoin de temps pour constituer un dossier solide, en tenant compte de différents facteurs comme les moyens disponibles et les permis nécessaires", explique la ministre flamande des Sports, Annick De Ridder (N-VA).

"Nous avons toujours tenu compte d’un certain délai de mise en œuvre. Une demande de subvention ne peut être introduite que lorsque l’intention réelle de construire une piscine publique peut être démontrée, avec notamment des pièces justificatives issues du dossier d’adjudication. Cela demande un certain temps : une étude des besoins, des études de faisabilité, un cahier des charges…"

"Nous nous attendons à ce que les demandes commencent à affluer l’année prochaine. Quatre dossiers ont déjà été approuvés et six autres sont actuellement en cours en 2026. Il s’agit notamment de Diest, Nijlen, Leopoldsburg, Wetteren et Aalter. Cela nous rend en tout cas plutôt confiants."  

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